Sept enfants de l'école maternelle Schoepflin de Strasbourg (Bas-Rhin) ont été victimes d'agressions sexuelles, imputées à une fillette de 5 ans, au cours de l'année scolaire 2025-2026. Une enquête administrative a été ouverte et l'élève mise en cause va changer d'école, a annoncé le directeur académique lundi 14 septembre.
Un boycott des parents d'élèves
Ce lundi 14 septembre, de nombreux parents ont choisi de garder leurs enfants à la maison, boycottant l'école maternelle Schoepflin de Strasbourg. Ils dénoncent la minimisation par la direction des agressions sexuelles visant sept enfants, selon les témoignages rapportés par des parents à France 3 Grand Est et aux Dernières Nouvelles d'Alsace.
Dans cet établissement du centre-ville, sept enfants disent avoir été victimes d'agressions sexuelles, voire de pénétrations digitales, de la part d'une enfant de 5 ans. Les faits se sont déroulés dans l'enceinte de l'école.
La direction reconnaît des "comportements inappropriés"
Dans un mail envoyé aux familles le 8 septembre, la directrice d'école a concédé que "l'année dernière, certains enfants de maternelle ont pu avoir des comportements inappropriés touchant à l'intimité". Le rectorat, qui a ordonné une enquête administrative au sein de l'école, défend que "les situations signalées ont fait l'objet des procédures appropriées".
Un accompagnement psychologique a été proposé à certains élèves, et un signalement a été transmis à la cellule de recueil, de traitement et d'évaluation des informations préoccupantes.
Les parents réclament des "mesures fortes"
"Il faut que les enfants soient protégés et qu'on les écoute", confie à l'AFP Cédric, un parent d'élève, père d'une enfant de quatre ans, qui a participé au mouvement de protestation. "On veut des mesures fortes. Qu'on sache exactement pourquoi les signalements n'ont pas été faits dans les temps, pourquoi rien n'a été fait l'année dernière, pourquoi il y a eu une omerta autour de ça", ajoute-t-il.
Une mère de famille, dont les deux enfants, alors âgés de 3 et 4 ans, ont rapporté des épisodes problématiques, dénonce un "discours de minimisation des faits" de la part de l'école. "On nous a dit que des histoires de culottes il y en a tous les ans, que c'était de la curiosité enfantine, qu'il ne fallait pas surréagir. Mais pour nous, les doigts dans la zézette c'est pas de la curiosité enfantine".
L'enfant va changer d'école
Auprès de France 3, une maman d'élève déplore le manque de réaction de l'établissement scolaire : "En fait, l'école a isolé les récits. Et en les isolant, elle a caché le problème. Nous sommes révoltés, on cherche à refermer le couvercle, à ne pas faire de vagues". "Ce qui me sidère, c'est le silence, la gestion de l'affaire par l'école et l'Éducation nationale", confie une autre mère.
Lundi soir, le directeur académique a annoncé que l'enfant mise en cause allait changer d'école. Les parents d'élèves ont dit n'avoir appris qu'en juin dernier, à la faveur d'une réunion, que les faits rapportés par leur enfant n'étaient pas isolés.
La mairie de Strasbourg assure de son côté avoir "pris très au sérieux les alertes formulées" et indique que "pour l'année scolaire 2026-2027, plusieurs mesures sont mises en œuvre", dont une "surveillance renforcée" de la cour et des sanitaires.



