Une convention d'indemnisation a été adoptée entre Sète Agglopôle et SNCF Réseau pour les forages liés à la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP). En cas de pollution de la nappe d'Issanka, l'alimentation en eau potable basculera automatiquement sur le réseau du Syndicat du Bas-Languedoc (SBL), et SNCF Réseau indemnisera le délégataire et l'Agglo.
Une convention tripartite pour encadrer les forages
Sète Agglopôle a approuvé les termes de la convention tripartite d'indemnisation éventuelle entre l'Agglo, son délégataire (la Semop l'Eau d'Issanka) et SNCF Réseau. Cette convention s'applique aux travaux d'investigation géotechnique et de forages qui seront réalisés dans le périmètre de protection du captage d'eau d'Issanka, dans le cadre de la LNMP. Cette ressource d'eau potable est désormais la seule exploitée sur le territoire de l'agglomération.
SNCF Réseau prend plusieurs engagements. Des indicateurs de qualité de l'eau sont définis avant, pendant et après les forages, pour le cas "peu probable d'une indisponibilité temporaire de la ressource d'Issanka". En cas de dépassement des seuils de risque ou d'indisponibilité temporaire, l'alimentation basculera automatiquement sur le réseau du Syndicat du Bas-Languedoc (SBL). Si un achat compensatoire d'eau au SBL s'avérait nécessaire, SNCF Réseau indemnisera le délégataire ainsi que l'Agglo.
Des élus expriment leurs inquiétudes
Cette convention suscite des réactions. Silvain Pastor, élu écologiste sétois, estime que "l'existence de cette convention contredit les affirmations passées garantissant le 'zéro risque' et prouve la réalité des menaces pesant sur la nappe". Il s'est opposé à ce projet de forage dès son annonce en avril dernier. Lors du conseil d'Agglo de jeudi soir, il a rappelé que l'arrêté préfectoral du 8 avril 2026 autorisant SNCF Réseau à effectuer ces forages s'opposait aux interdictions fixées par la Déclaration d'Utilité Publique (DUP) de 1988, en raison de la grande vulnérabilité de la nappe karstique.
Des recours administratifs ont été déposés "par des citoyens et associations". Silvain Pastor a demandé au président Linares de rendre publique la date précise du début des forages et d'interpeller la SNCF afin que le juge administratif ait le temps de se prononcer sur la suspension des travaux avant le lancement du chantier.
Laura Seguin, élue sétoise, a également partagé son inquiétude : "La signature de cette convention est la preuve que la SNCF reconnaît elle-même la possibilité d'un accident ou d'une pollution". Elle juge irréaliste de compter sur le SBL comme solution de secours pérenne, rappelant que ses ressources "sont elles aussi impactées par le tracé ferroviaire, le changement climatique et les restrictions d'eau".
Le président Linares défend la démarche
Loïc Linares, président de Sète Agglo, a répondu que la source "n'est pas en danger imminent", tout en rappelant que "le risque zéro n'existe pas dans des chantiers complexes". Il a déclaré qu'il est "du devoir de la collectivité de se prémunir", sachant que dans ce dossier, le tracé "est imposé par SNCF Réseau".
Sète Agglo, qui cherche à négocier les garanties les plus strictes, s'est assuré le concours du BRGM pour un contrôle externe indépendant à chaque étape. Le président a avancé une fenêtre de forages "d'ici la fin de l'année", possiblement courant novembre.



