La saison de football 2025-2026 s'ouvre sous de mauvais auspices. À cause des canicules à répétition et de la sécheresse, de nombreux terrains sont dans un état critique. « C'est comme si on jouait sur du bitume », témoigne un entraîneur de région parisienne. Les pelouses, cramées par des températures records, menacent directement la pratique du sport.
Des terrains impraticables dès la reprise
Dès les premières journées de championnat, plusieurs clubs amateurs ont dû reporter des matchs. En Île-de-France, en Occitanie et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, les municipalités multiplient les arrêtés pour fermer les terrains en herbe. Les clubs sont contraints de s'entraîner sur des surfaces synthétiques, quand elles existent, ou sur des terrains stabilisés, loin des conditions idéales.
« On a l'impression de jouer sur du béton », confie un joueur de National 3. Les risques de blessures augmentent, notamment au niveau des chevilles et des genoux. Les clubs redoutent une hécatombe médicale en ce début de saison.
Des coûts supplémentaires pour les clubs
La situation engendre des surcoûts importants. L'arrosage des pelouses, quand il est autorisé, fait exploser les factures d'eau. Certaines collectivités ont déjà annoncé des restrictions. Les clubs doivent aussi investir dans des rouleaux d'aération, des semences résistantes à la sécheresse et des systèmes d'irrigation plus efficaces. Selon une estimation, ces dépenses pourraient représenter jusqu'à 30 % du budget annuel d'un club amateur.
Les clubs professionnels ne sont pas épargnés. Plusieurs stades de Ligue 1 et de Ligue 2 ont dû remplacer leur pelouse à la hâte, un coût pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros. Les présidents de club tirent la sonnette d'alarme auprès des instances.
Le réchauffement climatique en cause
Les scientifiques sont formels : le réchauffement climatique multiplie les épisodes de canicule et de sécheresse. Les pelouses, composées majoritairement de ray-grass, une espèce sensible au stress hydrique, ne résistent pas à des températures dépassant les 35 degrés pendant plusieurs semaines. « Il faut repenser la conception des terrains de football », explique un agronome spécialiste des surfaces sportives.
Des solutions existent : utiliser des mélanges de semences plus résistants, comme la fétuque élevée, ou opter pour des pelouses hybrides, mélange de gazon naturel et de fibres synthétiques. Mais ces technologies ont un coût, et leur mise en place prend du temps.
Les jeunes pousses sacrifiées
Les écoles de football sont particulièrement touchées. Souvent prioritaires sur les créneaux d'entraînement, les jeunes se retrouvent sans terrain. « Nos gamins s'entraînent sur des terrains de rugby ou de handball, ce n'est pas adapté », déplore un éducateur. Certains clubs ont même décidé de suspendre les entraînements jusqu'à la mi-septembre, en attendant des conditions plus clémentes.
La Fédération Française de Football (FFF) a publié des recommandations, mais elle rappelle que la décision de fermer un terrain relève du maire. Les clubs appellent à une coordination nationale pour faire face à cette situation inédite.
Un avenir incertain
Si rien n'est fait, ce type de désorganisation risque de devenir la norme. Les projections climatiques annoncent des étés plus chauds et plus secs. Le football amateur, déjà fragilisé par la baisse des licences, pourrait perdre encore des pratiquants. Les clubs réclament des aides publiques pour adapter leurs infrastructures.
En attendant, les joueurs s'accrochent et espèrent que la pluie revienne vite. « On ne demande qu'à jouer au foot, pas sur un champ de patates », lance un capitaine d'équipe. La saison sera longue et pleine d'incertitudes.



