L'ONU a lancé un cri d'alarme : le phénomène climatique El Niño pourrait pousser 50 millions de personnes vers la famine en 2027. Cette prévision, dévoilée dans un rapport publié jeudi, souligne l'urgence d'agir face aux conséquences dévastatrices du changement climatique sur la sécurité alimentaire mondiale.
Un scénario catastrophique
Selon les experts de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le retour d'El Niño, attendu dans les prochains mois, risque d'exacerber les sécheresses et les inondations dans de nombreuses régions du globe. Les zones les plus vulnérables, notamment en Afrique de l'Est, en Asie du Sud et en Amérique centrale, pourraient voir leurs récoltes gravement compromises.
Le rapport indique que 50 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans l'insécurité alimentaire aiguë d'ici 2027, portant le total mondial à plus de 300 millions. "Nous sommes face à une crise silencieuse qui menace de devenir une catastrophe humanitaire majeure", a déclaré le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, cité dans le document.
Des conséquences en cascade
Les effets d'El Niño ne se limitent pas à l'agriculture. La hausse des températures océaniques perturbe les écosystèmes marins, réduisant les stocks de poissons, tandis que la raréfaction de l'eau potable exacerbe les tensions sociales. Les prix alimentaires mondiaux pourraient augmenter de 20 à 30 % dans les zones touchées, selon les projections de la Banque mondiale.
Les organisations humanitaires s'inquiètent particulièrement de la situation dans la Corne de l'Afrique, où des millions de personnes dépendent de l'aide alimentaire d'urgence. "Chaque année de retard dans l'adaptation au climat aggrave la facture humaine", a prévenu une porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM).
Un appel à l'action immédiate
L'ONU appelle les gouvernements à renforcer leurs systèmes d'alerte précoce et à investir dans des pratiques agricoles résilientes. Le rapport recommande également de créer un fonds d'urgence de 5 milliards de dollars pour soutenir les pays les plus exposés.
Alors que la COP30 approche, les experts espèrent que ces nouvelles données inciteront les dirigeants mondiaux à accélérer leurs engagements climatiques. "Nous avons les moyens d'éviter le pire, mais le temps presse", a insisté Qu Dongyu.



