À Tarascon, les salariés de Fibre Excellence refusent de quitter l'usine malgré la liquidation
Tarascon : occupation de l'usine Fibre Excellence après liquidation

Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé ce lundi 27 juillet 2026 la liquidation judiciaire du site de Fibre Excellence à Tarascon, dans le Gard. La nouvelle a provoqué une onde de choc parmi les 270 salariés de l'usine de pâte à papier, qui occupent les lieux depuis quatre jours. Une trentaine d'entre eux, soutenus par les syndicats Force ouvrière et CGT, ont installé des tentes et accroché des banderoles à l'entrée du site, bloquée par un tas de bois.

Une décision du tribunal de commerce

La liquidation a été annoncée en début de matinée. Les salariés, qui étaient déjà en redressement judiciaire depuis avril 2026, espéraient une reprise. Mais le tribunal a estimé qu'aucune offre viable n'était présentée pour le site de Tarascon, contrairement à celui de Saint-Gaudens qui bénéficie encore d'un sursis de deux jours dans l'attente d'une nouvelle proposition de reprise. « Nous avons appris la nouvelle ce matin, c'est un coup dur », confie Florian, délégué syndical Force ouvrière.

La colère et la détermination des salariés

Depuis le placement en redressement judiciaire du groupe en avril, les employés étaient au chômage partiel. « Cela fait trois mois que l'on est à l'arrêt, que l'on perd de l'argent. C'est du gâchis », déplore Florian. Pour lui, l'enjeu dépasse le simple emploi : « C'est notre dignité qui est en jeu. Ce sont 270 personnes concernées, 5 000 emplois induits. C'est une perte énorme pour le territoire. »

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Hubert, 46 ans, père de trois enfants, avait signé un CDI en janvier après 18 mois en CDD. « On nous promettait une sécurité. Maintenant, il faut repartir de zéro, retrouver un travail. Mais où ? C'est toute ma famille qui en pâtit », témoigne-t-il, amer. Une employée, en poste depuis onze ans, ajoute : « On était un groupe, une famille. Ça nous fend le cœur. Malgré les efforts consentis de notre part, la direction nous a menés encore une fois dans le mur. Maintenant, on espère que l'État fera le nécessaire pour assumer les conséquences sociales. »

Une occupation comme seul recours

Les salariés ont choisi l'occupation du site comme unique moyen de pression. « On n'a pas d'autre choix que de garder espoir », affirme Florian. Les banderoles « Non à la fermeture de notre usine » sont visibles depuis le rond-point voisin. Les occupants, déterminés, prévoient de rester encore plusieurs jours. Force ouvrière a écrit au président de la République, Emmanuel Macron, pour demander une « nationalisation temporaire » du groupe Fibre Excellence, considérée comme la seule solution pour sauver les emplois.

Un site historique menacé

L'usine de pâte à papier est implantée à Tarascon depuis 1951. Fibre Excellence en est devenue propriétaire en 2010 après le rachat du groupe Tembec. La liquidation met en péril non seulement les emplois directs, mais aussi des milliers d'emplois indirects dans la région. Les salariés attendent désormais une intervention de l'État pour atténuer les conséquences sociales de cette fermeture.

Réunis sous une tente, les travailleurs continuent de veiller, refusant de baisser les bras. Le silence est souvent pesant, mais l'esprit de solidarité reste fort. « Nous sommes une famille, et nous ne lâcherons rien », conclut une employée.

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