Ceci n'est pas un crime : les surréalistes dans un whodunit Canal+
Ceci n'est pas un crime : les surréalistes enquêtés

La nouvelle série de Canal+, Ceci n'est pas un crime, plonge les spectateurs dans une enquête policière où les suspects ne sont autres que les plus célèbres artistes surréalistes du XXe siècle. Diffusée dès le premier épisode avec un avertissement explicite – « Ce qui suit est inspiré de faits réels et de vrais personnages, mais ne vous fiez pas aux apparences » –, la fiction belge imagine un scénario où René Magritte, Salvador et Gala Dalí, Man Ray, Lee Miller et Max Ernst sont tous suspectés de meurtres.

Un whodunit dans un manoir anglais

L'intrigue se déroule dans un manoir du Sussex, où ces artistes, alors émergents, sont réunis pour préparer une exposition surréaliste. Mais la fête tourne au drame : la vaporeuse Sheila est retrouvée étranglée au petit matin, puis l'exubérant Nash est crucifié au fronton du manoir. Les enquêteurs de Scotland Yard, l'inspecteur chef Thistlethwaite et sa jeune adjointe l'inspectrice Quant, doivent démêler les fils d'une affaire où chaque meurtre s'inspire d'une œuvre des suspects.

Si les personnages sont fictifs, l'exposition de 1936 dont il est question a réellement existé, mais elle s'est tenue à Londres et non dans le manoir du Sussex. La série s'amuse à détourner les portraits de ces artistes, tout en leur prêtant des secrets plus ou moins avouables qui constituent autant de mobiles pour commettre ces crimes.

Des meurtres inspirés d'œuvres d'art

Chaque meurtre de la série s'inspire d'une œuvre des artistes mis en scène. Les scénaristes Christophe Dirickx et Paul Baeten ont imaginé des dynamiques de rivalité et de séduction entre ces personnages hauts en couleur. « Un groupe d'artistes sensibles et farfelus », dira l'inspectrice Quant à leur sujet, tandis que l'inspecteur chef Thistlethwaite, peu sensible à leur talent, leur lancera : « Une fois que cette affaire sera résolue, vous pourrez tous revenir à… vos trucs d'art, quels qu'ils soient ».

Salvador Dalí, interprété par Iñaki Mur, et son épouse Gala sont sans doute les personnages qui « prennent le plus cher », le couple espagnol étant suspecté de jeux sexuels aux dérapages incontrôlés. Seul le jeune et séduisant Magritte échappe au jeu de massacre, sa sagacité étant un atout pour les enquêteurs. Tous ces artistes, dans leur genre, possèdent ce supplément d'âme qui les rend attachants.

Une série de six épisodes entre fantaisie et lenteur

Écrite par Christophe Dirickx et Paul Baeten, la série Ceci n'est pas un crime poursuit ses investigations durant six épisodes de 52 minutes. L'exercice de style intrigue par son enquête, mais aussi par ses personnages décalés, parfois chtarbés, auxquels rien n'est épargné. Les amateurs d'art se régaleront des portraits détournés d'artistes, de la fantaisie singulière et de l'atmosphère loufoque, résolument surréaliste.

Le rythme, lent et élégant, peut toutefois impatienter ceux qui sont habitués aux codes plus rapides des séries contemporaines. La question finale reste posée : qui, de René Magritte, Salvador et Gala Dalí, de Man Ray, de Lee Miller ou de Max Ernst, a commis les crimes dont on les accuse ? Comme le rappelle la série, gare aux apparences.