MJC Giaume : un documentaire pour 50 ans d'histoire à Cannes
MJC Giaume : un documentaire pour ses 50 ans à Cannes

Le vendredi 25 septembre à 14 heures, le théâtre de la Licorne à Cannes projettera un film documentaire retraçant l'histoire de la MJC Giaume, à l'occasion des 50 ans de cette institution culturelle. Alors que le bâtiment originel, une ancienne magnanerie du XIXe siècle, est en pleine restauration, ce documentaire témoignage promet « des souvenirs, de l'émotion, du rire », selon son directeur Noré Mezouar.

Un chantier et une promesse tenue

Noré Mezouar, directeur de la MJC Giaume, suit de près le chantier de restauration de l'ancienne ferme, devenue Maison de la culture et des jeunes. En attendant la fin des travaux, la structure est hébergée provisoirement dans des préfabriqués au 38, avenue des Cigales. Le retour dans des locaux agrandis est prévu pour l'été 2027, une échéance que le maire David Lisnard a promise, pour un montant de 5,8 millions d'euros.

Le documentaire projeté à la Licorne s'appuie sur des archives photographiques et des témoignages. Noré Mezouar, la tête encore dans les archives, commente cette longue histoire en images, revenant sur des moments clés qui ont façonné des générations de jeunes Boccassiens.

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Des images qui racontent une époque

Parmi les documents présentés, une photo de 1940 montre la famille Gaggelli, des émigrés italiens, devant la bâtisse. Pour Noré Mezouar, cette image évoque « la liberté, un nouveau départ, ce socle familial qui a parfois disparu et qu'on cherche à recréer à travers la MJC ». Il souligne aussi le lien à la terre et à l'agriculture en circuit court, sans pesticide, rappelant que les anciens du quartier allaient chercher le lait et les œufs à la ferme Giaume.

Une autre photo, datée de 1979, montre le carnaval de la MJC La Frayère dans les rues, une « manif post-soixante-huitarde ». À l'époque, les locaux étaient situés vers Sainte-Jeanne, avant qu'un incendie ne pousse la MJC à déménager à la ferme Giaume, acquise par la Ville depuis 1973, au début des années 1990. Noré Mezouar, né cette année-là, voit dans cette image « l'insouciance, la simplicité, où l'on fait la fête avec deux bouts de bois, sans animosité ni vandalisme ». Il insiste : « Le quartier a toujours été très vivant, et 90 % des gens sont des bonnes personnes, il n'y a pas que des fusillades et du trafic de stups ! »

Des activités extraordinaires et une transmission

La MJC Giaume, même provisoirement délocalisée, propose une vingtaine d'activités sportives et culturelles et accueille jusqu'à 1 500 enfants à l'année. Une photo de 1989 montre une initiation à la montgolfière. « Ces jeunes de La Bocca n'auraient jamais pu vivre une telle expérience autrement », commente le directeur, qui évoque aussi les visites de l'Assemblée nationale et du Sénat organisées chaque année. Lui-même est entré à la MJC La Frayère vers 9 ans pour le soutien scolaire, y a grandi, est devenu animateur, puis directeur depuis dix ans.

Une photo de 1991 montre l'ancien maire Michel Mouillot coupant le ruban d'un nouveau local. Noré Mezouar reconnaît sur le cliché plusieurs figures du quartier : « Mounir, devenu animateur de Cannes Jeunesse ; Moustafa, gardien au musée du Fort Royal ; Chito, agent de propreté ; et Christian, une figure bien connue ». Il ajoute, avec une pointe d'ironie : « Avec les politiques, c'est parfois “je t'aime moi non plus”. Michel Mouillot était ce qu'il était, mais quand il venait dans les quartiers, il donnait du travail à tout le monde. »

Le hip-hop et l'avenir

Le documentaire met aussi en lumière l'émancipation des filles à travers le hip-hop. Noré Mezouar évoque Aïda, Nadège, Nassima, Malika, Naïma, « des filles que j'ai connues enfant, et qui sont devenues des mamans, dont les enfants viennent à leur tour à la MJC Giaume. C'est une histoire de transmission ». Le hip-hop, « son côté libertaire et créatif issu de la rue », se retrouve dans le spectacle Hip-Hop School en mars à la Licorne.

Pour l'avenir, la MJC prévoit des événements sur la place du marché de La Bocca pour contribuer à la redynamiser. « Parce que la répression policière doit aussi s'accompagner de prévention », explique le directeur, ajoutant : « Comme on dit, un public chasse l'autre… »

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