Blocus lycée Magnan Nice : explosions et revendications des élèves
Blocus lycée Magnan Nice : explosions et revendications

Le lundi 28 septembre 2026, le lycée professionnel Magnan à Nice a été le théâtre d'un blocus marqué par des explosions entendues dans tout le quartier. Une grosse détonation a retenti à 9h20 devant l'établissement, situé à côté du musée des Beaux-Arts Jules-Chéret, brisant la routine des riverains attablés à la terrasse de la boulangerie Mattera. Un petit panache de fumée s'est élevé au-dessus de la résidence du Palais des Arts, tandis qu'un matelas calciné gisait au milieu de la rue Auguste-Renoir.

Des explosions et un matelas brûlé devant le lycée

« Ça a explosé », témoigne Léa (1), 16 ans, en seconde ASSP (Accompagnement, soins et services à la personne) au lycée Magnan. « Ils ont mis le feu à des poubelles, les pompiers sont venus, ils ont crié, ils ont fait beaucoup de bruit, et là, ça a explosé », raconte-t-elle. Avec ses camarades, elle s'est réfugiée en bas de l'escalier du Palais des Arts, en attendant que ça se calme. Des feux d'artifice ont été tirés et des fumigènes craqués.

Une petite centaine de lycéens faisait face aux policiers municipaux regroupés devant les bureaux administratifs municipaux de la rue Auguste-Renoir, à deux pas du lycée. Le blocage s'inscrit dans un mouvement plus large touchant plusieurs lycées des Alpes-Maritimes ce jour-là.

Un appel à blocus lancé sur TikTok

Un « appel à blocus » a été lancé sur TikTok, façon tract syndical dopé à l'intelligence artificielle. Les revendications portent sur les conditions d'études : « 50 minutes pour manger, on en a marre » ; « 8h-18h, on en a marre » ; « Les tenues pros, on en a marre ! On vient au lycée pour étudier, pas pour s'habiller comme en entreprise » ; « Les sanctions pour les absences, on en a marre ! On a une vie privée avec des difficultés. »

« Souvent on fait du 8h-18h, mais on n'a que 50 minutes de pause, c'est pas assez », argumente Léa. Concernant les tenues professionnelles, elle dénonce : « On doit tout le temps être en jean dans des tenues pas confortables, et il n'y a qu'un jour par semaine où on a le droit d'être en jogging, et c'est très contrôlé. Si on arrive devant le lycée et que par exemple on a une tâche, on est renvoyé chez nous, on n'a pas le droit d'accéder au cours. »

Des sanctions jugées abusives et une évacuation

Les absences sont également pointées du doigt : « Si on a deux heures d'absence, on se fait virer, ou on se prend des heures de colle, c'est abusé les sanctions », affirme l'élève. Le lycée a été évacué en raison de la dangerosité de la situation. « Ils nous ont dit de rentrer chez nous, parce que ça devenait trop dangereux. Le problème, c'est que tout le monde est sorti en même temps, et il y a eu un regroupement devant le lycée », raconte Léa.

En fin de matinée, le calme était revenu dans la rue Auguste-Renoir. Le mouvement de blocage reflète un mécontentement plus large sur les conditions de vie scolaire dans les lycées professionnels de la région.

(1) Le prénom a été changé.