Les syndicats CFDT et CGT de la société publique locale d'exploitation des thermes de Balaruc-les-Bains (Spleth) ont déposé un préavis de grève pour le 5 octobre. Ils réclament une revalorisation salariale de 250 € bruts, dénonçant des inégalités de rémunération malgré la bonne santé financière de l'établissement, dont le chiffre d'affaires a atteint 39,5 M€ en 2024.
Un rapport qui scandalise les syndicats
La lecture du rapport de la Cour régionale des comptes publié le 17 septembre, portant sur le contrôle des comptes et la gestion de la Spleth pour les exercices 2020 à 2024, a fait hérisser le poil des salariés et de leurs représentants syndicaux. Une intersyndicale CFDT/CGT vient de poser un préavis de grève pour le 5 octobre prochain pour porter un certain nombre de revendications salariales notamment auprès des actionnaires de la Spleth, dont la mairie de Balaruc-les-Bains.
Les représentants syndicaux ont été reçus hier par la direction de la Spleth avec une série de demandes. Parmi elles, une "revalorisation de 250 € bruts sur les salaires de base (sans augmentation des salariés déjà rémunérés au-dessus de la grille interne)", mentionne le tract distribué ce mardi 29 septembre, notamment à l'entrée du conseil d'administration qui s'est tenu hier soir.
Des inégalités dénoncées face à une santé financière solide
Ce mouvement intervient dans un contexte de très bonne santé financière de l'établissement. En 2024, son chiffre d'affaires atteint 39,5 M€, un niveau supérieur à celui d'avant-crise Covid (34,1 M€ en 2019), phase durant laquelle les Thermes ont été confrontées à une année blanche. "Nous sommes scandalisés par ce que dit le rapport, à savoir que les dix rémunérations les plus élevées de la Spleth en 2024 concentrent près d'1 M€ de salaires sans compter les primes", explique Frédéric Pradal, le secrétaire général de la CGT des Thermes de Balaruc-les-Bains et délégué syndical CGT.
Et de rappeler le contexte post-covid pour les quelque 365 agents de droit privé : "Les acquis ont été gelés pendant trois ans suite à un Accord de performance collective pour éviter que la boîte ne licencie. Mais aujourd'hui, nous sommes dans une entreprise où aucun salaire n'augmente hormis le smic, alors qu'on gagne des sous", poursuit le représentant de l'intersyndicale.
Des primes jugées insuffisantes
Des primes exceptionnelles ont bien été versées après 2023 (1 M€ au total entre 2022 et 2024), en plus des primes existantes (prime d'ancienneté, prime de fin d'année, prime d'engagement professionnel, primes collectives de résultat et primes individuelles d'objectifs). "Ce sont des miettes au regard de ce que touchent les dirigeants, estime Frédéric Pradal. Notre réflexion, c'est de dire que le savoir-faire des salariés est connu, mais il n'est pas reconnu à sa juste valeur. Des dirigeants se gavent de l'argent public pendant que les petits ne sont pas pris en compte."
Les syndicats réclament de "réparer définitivement les effets de l'Accord de performance collective", que des "primes d'objectifs partagées à parts égales entre l'ensemble des salariés" et notamment "l'ouverture de véritables négociations en NAO (négociation annuelle obligatoire) avec des échanges constructifs".