Quatre acteurs majeurs de l'économie monégasque ont partagé leurs stratégies de conquête des marchés internationaux lors de la table ronde du Monaco Business 2026. Organisée à l'invitation du Monaco Business, cette rencontre a réuni la SMEG, la SBM, Monaco Telecom, Therascience et Invest Monaco, la cellule d'attractivité du gouvernement princier.
Un plafond de verre à briser pour les entreprises monégasques
Le ministre des Finances et de l'Économie de Monaco, Frédéric Cottalorda, a ouvert la discussion en rappelant que « malgré une superficie de 2km², nos entreprises n'ont pas de limite ». En 2025, le volume global des échanges de biens entre Monaco et le reste du monde (hors France) atteignait près de 4 milliards d'euros, avec une part des échanges avec l'Europe devenue minoritaire, même si l'Italie reste le premier partenaire commercial de la Principauté.
Le chiffre d'affaires de la Principauté (hors banques et assurances) pour 2025 s'établissait à 19,9 milliards d'euros. « Derrière ces chiffres, il y a des entreprises qui font le choix d'aller chercher leurs partenaires et leurs relais de croissance par-delà nos frontières », a souligné le ministre.
Trois motivations pour s'internationaliser
Les entreprises sont poussées à chercher des marchés hors de leurs frontières pour trois raisons principales : la nécessité, l'opportunité ou le souhait de se diversifier. Dans tous les cas, il faut réussir à transformer une réussite intra-muros en réussite internationale.
Invest Monaco, dont « la mission institutionnelle, rappelle sa déléguée, Ludmilla Raconnat-Le Goff, est d'accompagner les entreprises à se mobiliser sur des projets internationaux concrets en effectuant les déplacements ciblés à leurs côtés », joue un rôle clé dans cet accompagnement. Certaines sociétés ont toutefois choisi de se lancer seules.
Des exemples concrets d'expansion réussie
Monaco Telecom, l'opérateur télécoms officiel de la Principauté, a fait de l'international une nécessité. « Le marché monégasque est par définition contraint. L'international devient une nécessité pour briser ce plafond de verre, explique Martin Perronnet, le directeur général. Une entreprise qui ne croit pas, décline. Il y a aussi la notion de culture d'entreprise. Nous avons cette culture de l'international avec des marchés que nous sommes allés chercher en Afghanistan, en Afrique, puis à Chypre et Malte par exemple. »
À la SMEG, opérateur énergétique, Thomas Battaglione, directeur général, explique comment l'internationalisation est guidée par la décarbonation : « Si Monaco est le territoire le plus densément équipé en bornes de recharge, l'automobiliste monégasque se déplace. Pour satisfaire son objectif de décarbonation, nous nous sommes étendus et exploitons à présent toutes les bornes de recharge jusqu'à Marseille. »
La Société des bains de mer (SBM), qui s'emploie depuis 163 ans à faire venir le monde à Monaco, s'exporte désormais dans le monde entier. Pascal Camia, directeur du développement international de la SBM, détaille : « Depuis trois ans, nous exportons nos marques. Essentiellement pour un relais de croissance. Nous avons racheté le Palace des neiges à Courchevel qui va devenir le Monte-Carlo One en décembre 2027 ; nous avons également signé un partenariat avec D. ream International pour créer ensemble un nouveau concept de restaurant orienté vers une cuisine française et italienne. Et puis, nous avons développé la franchise de marque Casino de Monte-Carlo, déployée sur deux bateaux de croisière Crystal où nous avons créé 100 m² de salles de jeux. Nous avons exporté l'expérience du casino de Monte-Carlo. »
Les clés du succès et les retombées pour la Principauté
Therascience, laboratoire monégasque de micronutrition et de physionutrition présent dans plus de 20 pays, doit son expansion au Monaco Economic Board. Jean-Pierre Agarra, fondateur et directeur, remercie l'organisation « qui nous a permis de rencontrer nombre de partenaires et de distributeurs en nous accompagnant vers des destinations privilégiées pour nos activités ».
Pour toutes les entreprises, réussir à l'international ne consiste pas simplement à vendre davantage à l'étranger. C'est un véritable changement d'échelle à mener avec ordre et précision : identifier les marchés, trouver les bons partenaires, financer son développement, recruter les compétences nécessaires et comprendre les nouveaux environnements réglementaires et sociaux, le tout en adaptant son offre et en protégeant son savoir-faire.
Un challenge payant pour les sociétés présentes autour de la table, mais aussi pour Monaco. Frédéric Cottalorda confirme : « Une entreprise monégasque qui se développe à l'international, c'est une entreprise qui va créer de l'emploi, attirer des compétences, susciter des investissements, innover, etc. C'est un facteur supplémentaire de rayonnement et de prospérité pour la Principauté. » Un jeu gagnant-gagnant pour les entreprises qui sauront miser juste.