Plus d'un millier de salariés de la Principauté de Monaco ont manifesté ce mercredi 23 septembre contre la future réforme des retraites, à l'appel de l'Union des syndicats de Monaco (USM). Les cortèges, partis du stade Louis-II et de l'église Saint-Charles, se sont rejoints au rond-point Sainte-Dévote avant de converger vers les Caisses sociales de Monaco, où un comité de contrôle s'est tenu. Les manifestants ont également évoqué le coût de la vie et les conditions de travail.
Une mobilisation record pour la quatrième manifestation en un an
Les deux cortèges ont bloqué le boulevard Albert-Ier, un axe majeur de la ville, alors que le port Hercule accueille jusqu'à samedi 120 superyachts de luxe. Les manifestants, munis de cornes de brume, de slogans et de drapeaux, ont attiré l'attention des passants. « Et oui, ça existe d'être mécontent à Monaco, ironise Christelle, trésorière au syndicat de l'Électricité et du Gaz. On est ici pour faire entendre nos voix et dire qu'on est en désaccord avec les décisions à venir. Si on ne le fait pas maintenant, on va régresser dans nos droits et avantages. »
Cette mobilisation est la quatrième démonstration populaire menée par l'USM en moins d'un an, et la plus suivie. Les manifestants, issus des secteurs privé et public, répondaient à l'appel de l'USM pour protester contre les recommandations d'un groupe de travail constitué en 2025. Ce groupe, composé de représentants du gouvernement, des Caisses sociales et des partenaires sociaux, a étudié les mesures à adopter pour anticiper la dégradation du régime général de retraite des salariés, due au vieillissement de la population, sans puiser dans le fonds de réserve constitutionnel.
Des mesures jugées « violentes » par les syndicats
Karim Tabchiche, secrétaire général de l'USM, a qualifié les mesures proposées de « violentes », énumérant : « Taux d'abattement pour les gens voulant partir avant 65 ans, augmentation du taux de cotisation, gel du point CAR sur une période de 10 ans, pas de point pour les gens au chômage ou en arrêt maladie… »
Stéphanie, aide maternelle de 55 ans, a dégainé une pancarte en carton : « Puisez dans vos milliards, pas dans nos retraites ». C'est sa première participation à une manifestation. « C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ! Trop c'est trop ! Je travaille depuis l'âge de 19 ans à Monaco, où la pénibilité et les carrières longues ne sont pas reconnues. Je compte prendre ma retraite à 60 ans sans abattement. Monaco a suffisamment de richesses pour ne pas prendre dans nos petites retraites », fulmine-t-elle.
Des revendications sur les salaires et le pouvoir d'achat
Les représentants de l'USM estiment que l'effort pour assurer l'équilibre du système de retraite devrait être porté par les employeurs, avec une augmentation des cotisations patronales. « La richesse de notre pays est créée par le travail des salariés. Pourtant, depuis plusieurs années, ils subissent une pression croissante : salaires qui ne suivent pas toujours l'augmentation du coût de la vie, perte de pouvoir d'achat liée à l'inflation, carrières qui s'allongent et inquiétudes sur le niveau futur des pensions », déclare Karim Tabchiche, au pied des Caisses sociales de Monaco.
Le coût de la vie et les conditions de travail ont également été au cœur des revendications. « Celles-ci sont claires : augmentation des salaires, protection du pouvoir d'achat, création d'un salaire minimum interprofessionnel monégasque à 2 680 euros brut par mois (...) et amélioration des conditions de travail. On demande aux salariés d'être toujours plus productifs et de créer toujours plus de richesse, sans que cette richesse supplémentaire se retrouve suffisamment dans leurs salaires », peste Thomas Bouzy, secrétaire général adjoint de l'USM.
Les manifestants ont appelé à rester « mobilisés et unis » en vue des prochaines étapes, notamment le projet de loi. « Pour le gouvernement, son projet est déjà voté. Nous disons non. Nous allons les faire plier, nous allons les ruiner. C'est comme ça que ça va se passer », conclut Olivier Cardot, ancien secrétaire général de l'USM.



