Plan de relance agricole annoncé avant 2027, promet Annie Genevard
Plan de relance agricole avant 2027, promet Genevard

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé dans un entretien à Midi Libre que le plan de relance agricole sera présenté avant la fin de l'année, alors qu'elle effectue une visite dans l'Hérault ce mercredi. Ce plan vise à soutenir une profession durement touchée par la sécheresse, avec un plan d'urgence de 1,3 milliard d'euros d'aides.

Une visite dans l'Hérault pour soutenir les filières ovine et viticole

Annie Genevard est venue à l'occasion du congrès de la Fédération nationale ovine (FNO) au Cap d'Agde, où elle a prononcé le discours de clôture. Elle a également visité la cave coopérative de Frontignan, échangeant avec des producteurs de muscat et participant à une table ronde sur la viticulture. En fin de matinée, elle a rencontré les représentants du monde agricole héraultais pour évoquer les enjeux du département.

La ministre a souligné que toutes les filières sont touchées : pertes de fourrage, mortalité dans certains élevages, pertes végétales importantes dans les grandes cultures et le maraîchage. En viticulture, les vendanges qui se terminent mettent en évidence des disparités. Des trésoreries sont exsangues, d'où l'importance du volet de réarmement du plan, géré par les préfets, pour des aides à l'achat de semences ou de fourrage. « Je sais que l'Hérault sera parmi les premiers à décaisser ce fonds », a-t-elle déclaré.

Un plan de relance pour s'adapter au changement climatique

Interrogée sur les assurances, la ministre a indiqué que l'État, avec l'Europe, prend en charge 70 % du contrat d'assurance, mais que trop peu d'agriculteurs sont assurés. Elle a évoqué une réflexion sur l'obligation, et le travail sur une aide en amont pour souscrire une assurance, plutôt qu'un remboursement.

Le plan de relance, en cours d'élaboration, inclura des soutiens à l'investissement et des mesures pour accélérer le stockage de l'eau, notamment via la loi d'urgence qui permet le doublement du stockage de l'eau agricole et la simplification administrative de la création de retenues. La France irrigue très peu, et beaucoup de cultures ne peuvent pas se passer d'eau. La ministre a également mentionné le recours aux nouvelles techniques génomiques (NGT) pour des productions végétales plus résistantes à la sécheresse, ainsi que des réponses agronomiques : que cultiver, où cultiver, l'ensoleillement, l'enrichissement du sol. Il faut aussi adapter les bâtiments d'élevage à la canicule par l'isolation, la ventilation, la brumisation.

Redonner de l'espoir à la profession et renforcer la souveraineté alimentaire

Le plan de relance sera annoncé avant la fin de l'année, et devra s'intégrer dans le budget 2027. Il s'appuiera sur des objectifs de productions à dix ans définis avec les filières, et des projets agricoles et agro-alimentaires privés pourront être labellisés et financés.

Annie Genevard a dressé un bilan de ses deux ans au ministère : « Être ministre de l'agriculture, c'est être au contact permanent d'une profession. J'ai fait énormément de travail sur le terrain. J'ai eu à gérer beaucoup de crises et je me suis rendu compte que pour un certain nombre de politiques, produire était devenu un gros mot. Je me suis efforcée de restaurer la notion de production. » Elle a insisté sur le combat d'avenir de la souveraineté alimentaire, et sur l'importance de l'élevage pour le territoire et la prévention des incendies. « Il faut encourager la jeune génération et ne pas lui dire sans cesse que tout est fichu. Il nous faut redonner de l'espoir à cette profession. » Elle a misé sur le lancement des contrats d'avenir agricole et la négociation en cours sur la PAC européenne, qui représente 9 milliards d'euros par an pour l'agriculture.