Archives des Alpes-Maritimes assaillies par 1,2 M de robots par jour
Archives 06: 1,2 M de connexions robots par jour

Depuis le 9 avril 2026, le site des archives départementales des Alpes-Maritimes est la cible d'un afflux massif de programmes informatiques qui parcourent automatiquement les pages pour en copier les contenus, notamment les documents anciens numérisés. Au plus fort du phénomène, la collectivité a enregistré jusqu'à 1,2 million de connexions de robots par jour, un volume comparable à l'arrivée simultanée de milliers de visiteurs dans une salle de lecture, mettant sous pression son accès.

Un système de protection contre les robots

Pour faire face, le Département a mis en place un système de protection qui bloque désormais 200 000 connexions de robots chaque jour. Ces mesures n'ont pas mené à la fermeture de la plateforme, mais des restrictions temporaires s'appliquent : la plupart des robots venant de l'étranger, le Département a fait le choix de limiter provisoirement les connexions depuis certains pays.

Pour les personnes consultant les archives depuis un autre pays, une partie des documents demeure accessible via le site national FranceArchives.

Des robots venus des États-Unis, d'Irlande et des Pays-Bas

Les connexions identifiées proviennent principalement de trois pays : les États-Unis, l'Irlande et les Pays-Bas. Ce phénomène n'est pas isolé. Les archives départementales des Côtes-d'Armor (22) ont publié le 31 août 2026 un message indiquant que leur moteur de recherche était lui aussi perturbé par l'activité de robots liés à l'intelligence artificielle, évoquant plus de 5 000 requêtes par minute générées par ces robots.

Un passé de cyberattaques

Ce n'est pas la première fois que le Département des Alpes-Maritimes subit une menace informatique. Dans la nuit du 9 au 10 novembre 2022, la collectivité avait repéré une cyberattaque, la contraignant à couper ses réseaux afin de protéger les données et d'isoler son système informatique. Derrière cette manœuvre se trouvait le groupe de hackers Play Ransomware, qui avait demandé une rançon à payer sous dix jours. La somme n'a jamais été communiquée.

Le Département a assuré ne pas avoir cédé à la demande des pirates, qui ont mis à exécution leur menace. Des notes internes, factures d'entreprises, photocopies de cartes grises et passeports ont notamment fuité sur le web, avec un avant-goût de 13,75 gigaoctets à disposition des internautes. La collectivité a déposé plainte.