Dès le 1er janvier 2027, la Communauté d’agglomération Sophia Antipolis (Casa) instaurera un tarif d’eau agricole unique sur l’ensemble de son territoire. Cette mesure, votée à l’unanimité par les élus le lundi 28 septembre 2026, vise à soutenir l’agriculture locale et sera financée par une contribution solidaire des usagers domestiques, à hauteur d’un centime d’euro supplémentaire par mètre cube consommé.
Une réponse à l’inégalité entre communes
Jusqu’alors, une tarification agricole existait dans certaines communes de l’agglomération, tandis que d’autres en étaient dépourvues. Cette disparité pénalisait les exploitations : « La majorité des exploitations dépendent du réseau d’eau potable en l’absence de canaux d’irrigation, ce qui entraînait des coûts très élevés pour les agriculteurs […] sans tarif préférentiel », a souligné le président de la Casa, Jean Leonetti, lors de la délibération.
Selon le vice-président délégué à l’eau, Joseph Cesaro, cette décision répond à « la question de l’équité et des conditions d’accès au service de l’eau […] soulevée récemment à la suite des mouvements sociaux », en référence aux manifestations survenues en début d’année. L’unification du prix devrait ainsi « garantir l’égalité de traitement entre les exploitants et soutenir l’agriculture de proximité », a ajouté l’édile.
Un tarif unique et une contribution solidaire
Le nouveau tarif agricole se compose d’une part fixe de 20 € HT par an, quel que soit le diamètre du compteur, et d’une part proportionnelle de 0,25 € HT par mètre cube consommé. Pour financer cette harmonisation, un « acte de solidarité » est demandé à tous les habitants : un centime d’euro supplémentaire par mètre cube consommé sera appliqué aux usagers domestiques de l’ensemble des communes de l’agglomération sophipolitaine.
Une fois cette décision appliquée, le coût de l’eau pour les agriculteurs sera « l’un des plus bas du département », selon le président. Cette mesure intervient neuf ans après une décision similaire prise par la Métropole Nice Côte d’Azur, qui avait unifié son tarif à la demande des institutions agricoles.
Sécuriser l’accès à l’eau face à la sécheresse
Le vice-président délégué à l’agriculture, Emmanuel Delmotte, a toutefois rappelé une évidence en pleine période de sécheresse : « Ce n’est pas parce que nous mettons en place un tarif préférentiel […] qu’il faut gaspiller l’eau. Nous menons également un travail approfondi sur la réduction des consommations et sur l’évolution des méthodes de culture, car l’eau reste une ressource précieuse dont la disponibilité est limitée. »
Pour sécuriser l’accès à cette ressource, le conseil communautaire a officialisé l’intégration de la source du Lauron, récemment acquise à Tourrettes-sur-Loup, au tarif agricole unique. Depuis cet été, 5 000 m³ alimentent chaque jour, pour l’instant, La Colle-sur-Loup et Roquefort-les-Pins. Le Rouret devrait s’y greffer dès 2027.
Avec cette décision, la Casa entend soutenir l’agriculture de proximité tout en garantissant une gestion durable de la ressource en eau, dans un contexte de tensions croissantes sur la disponibilité de la ressource.