Patrice Lair, figure emblématique du football féminin français, fait son retour sur le banc du Montpellier Hérault Sport Club (MHSC) vingt ans après son premier passage. Entre 2005 et 2007, il avait déjà entraîné l'équipe féminine, marquant l'histoire du club. Aujourd'hui, il revient pour relever un nouveau défi : reconstruire une équipe ambitieuse après une saison 2025/2026 compliquée, où le maintien a été arraché lors de la dernière journée.
Des souvenirs forts à Grammont
L'émotion était palpable pour Patrice Lair en revenant à Grammont. « Plein d'images me reviennent », confie-t-il. Il se souvient de sa signature avec Louis Nicollin et Sydney Biton, d'une époque où Montpellier aurait pu être le premier club français à remporter la Coupe d'Europe féminine. « Ça s'est joué à un but marqué à l'extérieur, un penalty », regrette-t-il. Malgré tout, il garde des souvenirs mémorables, comme la victoire en finale du Challenge de France contre Lyon, obtenue avec « beaucoup de grinta », une valeur qu'il espère retrouver.
Des joueuses au cœur et à la sueur
L'entraîneur de 65 ans se rappelle des filles qui s'entraînaient le midi après leur travail, ou qui couraient dans la pinède de La Grande-Motte à 7 heures du matin. « C'était fabuleux », dit-il. Cette mentalité de travail et de sacrifice, il compte bien la réinstaurer. Dès la deuxième semaine de reprise, il prévoit des séances matinales pour « forger un groupe fort mentalement ». Il s'est inspiré de cette approche lors de son passage au Mexique, au Deportivo Toluca, où les joueuses, avec seulement leur cœur, ont réalisé de belles performances.
Un retour avec humilité et ambition
Patrice Lair arrive « en toute humilité », conscient des défis. Il veut redonner du dynamisme au club, tant sur le plan sportif qu'administratif et événementiel. « J'ai ressenti quelque chose de fort en arrivant », explique-t-il, motivé par une équipe dynamique prête à « redonner des couleurs à ce club ».
Collaboration avec Laura Agard
Il retrouve Laura Agard, directrice sportive, qu'il avait recrutée à Toulouse puis à Lyon. Leur relation de longue date facilitera la communication. Pour Lair, « il n'y a pas de différence de compétences entre hommes et femmes ». Il compte sur l'expertise de Laura pour le recrutement, tout en apportant sa propre expérience. « Je serai là pour faire le meilleur amalgame possible », assure-t-il.
Une reconstruction nécessaire
Malgré les départs annoncés de joueuses comme Cyrielle Blanc et Sonia Ouchène, Lair insiste : « Le club ne part pas d'une page blanche ». Des changements sont prévus, avec une dizaine de recrues, mais il souhaite conserver certains cadres et relancer d'autres joueuses. « Je vais être très exigeant », prévient-il, envers ses joueuses, son staff et l'encadrement.
Pas de baguette magique
L'entraîneur met en garde : « Je n'ai pas de baguette magique ». Il se considère avant tout comme un travailleur, pas un magicien. Sa ligne directrice reste le travail et l'humilité, des valeurs qui lui ont permis de rester sur le marché à 65 ans. « Ce qui m'intéresse, c'est mon groupe qui progresse », affirme-t-il.
Préparation et ambition
La reprise est fixée au 6 juillet, avec les premiers entraînements sur le terrain à Grammont le 13. Lair insiste sur l'importance de la préparation et du recrutement pour bien démarrer la saison. « On a intérêt à bien démarrer pour prendre de la confiance », souligne-t-il. L'état d'esprit montpelliérain, basé sur la gagne et l'effort, doit être réimprimé, même avec une équipe jeune.
L'évolution du football féminin
En vingt ans, le football féminin a beaucoup évolué. Lair, qui a remporté la Ligue des champions avec Lyon en 2011, estime que la France avait dix ans d'avance, mais que d'autres pays ont rattrapé leur retard. « Il faut absolument qu'on se remette au travail », insiste-t-il, pour aider l'équipe de France à décrocher un titre international. Son objectif à Montpellier est de former un maximum de joueuses pour la sélection nationale.
Avec un palmarès impressionnant à Lyon (deux Ligues des champions, quatre championnats de France, trois Coupes de France), Patrice Lair espère ramener le MHSC féminin au sommet, avec humilité et détermination.



