Ce vendredi 31 juillet, comme pour chaque réunion hippique de la saison, René Tombarel sera en poste à l'hippodrome d'Hyères, micro en main. Derrière cette voix familière des habitués des tribunes se cache un passionné de 65 ans, dont le parcours mérite d'être connu. Rencontre avec un homme de l'ombre devenu incontournable.
Un métier de l'ombre au plus près des pistes
Croiser René Tombarel dans l'enceinte de l'hippodrome, c'est le plus souvent l'apercevoir une feuille de partants à la main, le regard concentré sur le programme des courses. Son rôle, explique-t-il, est complémentaire de celui du commentateur. Tandis que ce dernier raconte en direct le déroulement de l'épreuve, le speaker, lui, intervient avant et après chaque course. « Je présente les participants de chaque course et ça m'arrive d'expliquer certaines notions techniques », confie-t-il avec humilité.
Car les tribunes hyéroises ne sont pas uniquement fréquentées par des initiés. Pendant la période estivale, nombreux sont les néophytes à venir découvrir l'univers du trot. René fait alors office de pédagogue, rendant accessible un sport parfois complexe pour le grand public. Il est également la liaison officielle entre les jockeys et leur public : il annonce les résultats provisoires, les décisions des commissaires et, surtout, il interviewe les gagnants sur la ligne d'arrivée.
« C'est la partie que je préfère, avoue-t-il. Je suis un ancien journaliste hippique et sportif, donc mener des interviews, j'adore ça ! » Une passion qui ne l'a jamais quitté depuis l'enfance.
Une vocation héritée de l'enfance
Né dans une famille où l'on suit les courses de près, René a baigné dans l'hippisme dès son plus jeune âge. « Ma mère était turfiste, j'ai grandi dans cet environnement et je ne l'ai jamais quitté », raconte-t-il avec le sourire. Une turfiste, c'est une personne qui aime les courses de chevaux et qui parie sur leurs résultats. De cette proximité familiale est née une véritable vocation.
Avant de devenir speaker, René Tombarel a fait ses armes dans le journalisme. « J'ai été journaliste radio et télévision pendant 15 ans à Cannes Radio, j'étais aux informations généralistes », se souvient-il. Après cette expérience riche, il a choisi de se consacrer pleinement à ce qui le faisait vibrer : le sport. Il a notamment travaillé comme pigiste pour différents médias, dont Nice-Matin.
Cette double casquette de journaliste et de passionné lui donne une crédibilité singulière auprès des professionnels des courses. Mais elle l'oblige aussi à une certaine éthique, notamment sur la question des paris.
Le cheval, un athlète à part entière
Quand René évoque le cheval, son regard s'illumine. Pour lui, ces équidés ne sont pas de simples animaux de compétition, ce sont de véritables athlètes. « Le cheval, c'est comme un athlète. Il lui faut une bonne préparation, de l'entraînement, du cardio… c'est comme vous qui allez courir », illustre-t-il. Une vision qui guide son regard sur la discipline et sur le travail des professionnels qui entourent chaque monture.
Selon lui, il est indispensable de bien connaître les qualités et les défauts de son cheval avant d'espérer obtenir des résultats. « Chaque monture est unique », insiste-t-il. Cette exigence de précision, il la doit aussi à son passé de parieur. Mais aujourd'hui, René a cessé de parier. Et pour cause : « Ce n'est pas compatible avec le rôle de speaker, je ne peux pas parler d'un cheval ou interviewer un jockey avec objectivité si je parie. J'ai du respect pour eux et pour mon public », explique le sexagénaire.
Un avenir incertain pour l'hippisme
Malgré son engagement sans faille, René Tombarel se montre toutefois préoccupé par l'avenir de la filière hippique. Interrogé sur la santé du secteur, il ne cache pas son pessimisme. « Le contexte économique est de plus en plus instable. Les gens mettent de moins en moins d'argent dans les paris hippiques, l'avenir du secteur est incertain », conclut-il.
Des inquiétudes qui ne l'empêchent pas de remplir sa mission avec passion, vendredi 31 juillet. Ce soir-là, huit courses au trot sont programmées en semi-nocturne sur l'hippodrome d'Hyères. L'occasion pour le public de profiter de son animation, entre tradition et convivialité, et de mesurer tout le travail de ce speaker qui, comme les chevaux qu'il présente, continue de mettre du cœur à l'ouvrage.



