Vente de SFR : les syndicats durcissent le ton
Vente de SFR : les syndicats durcissent le ton

Alors que la vente de SFR à ses trois concurrents pour 20,35 milliards d'euros se précise, les élus du personnel redoutent la disparition de milliers d'emplois. « On sent bien depuis le début que le projet ne consiste pas à reprendre les salariés… », s'inquiète un représentant syndical. Malgré les discussions en cours, les syndicats accentuent la pression entre grève, action en justice et lettre au gouvernement, estimant ne pas avoir obtenu de garanties suffisantes sur l'avenir des salariés.

Un processus « déloyal » dénoncé par les syndicats

Au début de l'été, les premiers éléments dévoilés avaient déjà suscité les craintes : le possible transfert de 2.300 salariés SFR chez Bouygues Telecom, 53 chez Free, et 230 chez Orange une fois la vente actée. Après la reprise des discussions à la rentrée, le sort des quelques autres milliers de salariés de SFR, qui en compte 8.000 au total, reste toujours en suspens, malgré l'assurance des acheteurs que les emplois seraient garantis jusqu'à début 2029.

D'après plusieurs sources syndicales, un plan de reclassement des salariés serait sur la table, avec une proposition de poste par salarié. Mais le dispositif est jugé insuffisant par les élus, qui réclament trois propositions par personne. « Ils ne veulent pas des salariés de SFR, ils ne veulent pas les accompagner dignement », estime Abdelkader Choukrane, élu au CSE et secrétaire général du syndicat majoritaire Unsa.

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Une assignation en justice pour obtenir des documents

Dans un communiqué annonçant l'appel à la grève, l'intersyndicale réclame « des mesures d'accompagnement à la hauteur de l'opération », mais aussi « des informations complètes, précises et transparentes ». C'est sur ce dernier point que le CSE central de SFR a fait parvenir au groupe et au consortium d'acheteurs une assignation en justice, pour tenter d'obtenir davantage de documents sur le projet de cession. Cécilia Pereira, déléguée syndicale centrale CFTC au sein du groupe, évoque un processus « déloyal ». « Ils ne nous donnent aucune réponse », déplore-t-elle.

La direction se défend et les syndicats en appellent au gouvernement

Face à ces allégations, la direction du groupe a indiqué dans un mail interne avoir « répondu à plus de 500 questions par écrit et communiqué près de 600 documents, sans compter la masse documentaire transmise par le Consortium (plus de 2.000 pages) ». « Nous avons donc fourni l'information la plus complète, c'est-à-dire celle disponible et dans le respect des principes élémentaires du droit de la concurrence », ont insisté Arthur Dreyfuss, PDG du groupe, et Mathieu Cocq, PDG de SFR.

Les syndicats ont déjà obtenu un peu plus de temps, alors que le délai de la demande d'avis consultatif, déjà ajourné, a été reporté une nouvelle fois jusqu'au 6 octobre. Fin juillet, une lettre signée de l'ensemble des organisations syndicales représentatives au niveau de la branche a été envoyée aux ministres de l'Économie et du Travail, appelant à l'intervention de l'État dans les discussions. « Notre revendication commune est qu'aucun emploi ne doit être perdu », ont écrit les cinq signataires. La demande de rendez-vous avec les ministères n'a pour l'heure pas abouti.

Une demi-journée de grève prévue le 24 septembre

Sollicités, les membres du consortium n'ont pas souhaité faire de commentaire sur les discussions en cours. Les parties doivent à nouveau se rencontrer les 21 et 25 septembre. Les syndicats de la maison mère de l'opérateur, Altice France, ont annoncé début septembre une demi-journée de grève le 24 septembre, et l'assignation en justice des quatre opérateurs. Cette mobilisation vise à obtenir des garanties sur l'emploi avant la finalisation de la vente, qui devrait redessiner le paysage des télécoms français si elle aboutit.

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