Le premier court-métrage d'Aline Thierry, intitulé « Sous mon aile », a déjà décroché plusieurs sélections dans des festivals spécialisés à Menton, Nice et en Moselle. La Varoise, originaire du Revest, y explore l'inexplicable à travers la rencontre troublante d'une mère et de sa fille.
Un point de départ ancré dans l'inexplicable
Le film, d'une durée de huit minutes, débute dans une cuisine. Une jeune femme, sur le point de partir, annonce à sa mère qu'elle a annulé son voyage après avoir reçu un message inquiétant. La mère jure ne jamais avoir envoyé ce message. Cette incompréhension constitue le cœur du scénario, écrit par Aline Thierry, qui s'est inspirée de ses propres expériences.
« Ça arrive à tout le monde de ne pas comprendre ce qu'il s'est passé, de ne pas trouver une explication rationnelle, ou alors c'est tellement tiré par les cheveux qu'à la rigueur, c'est encore pire », reconnaît-elle. « Mon rôle, c'est de mettre les gens devant une incompréhension et de faire ressentir comme moi j'ai pu le vivre, sans apporter de réponse. »
Le syndrome du nid vide au cœur du récit
Aline Thierry a d'abord été commerciale en région parisienne avant de revenir dans le Var au début des années 2000. Elle a ensuite intégré l'administration fiscale. Ce n'est qu'en 2018 que l'écriture s'est imposée à elle, lors de voyages au Cameroun, un pays avec lequel elle ressent « une sorte de connexion ». Elle a commencé par des nouvelles avant de se tourner vers les scénarios.
Le sujet du départ d'un enfant est central dans « Sous mon aile ». Aline Thierry a elle-même vécu le syndrome du « nid vide » lorsque sa fille est partie étudier à l'étranger. « On se retrouve dans les affaires de son enfant qui n'est plus là et on pleure comme s'il était mort », raconte-t-elle. Elle estime que cette douleur est rarement évoquée, alors que le départ d'un enfant constitue une véritable rupture dans la vie des parents.
Un projet collaboratif et des projets à venir
Le réalisateur Cédric Prévost, professeur au Cours Florent depuis 25 ans, a accompagné Aline Thierry dans l'écriture. « J'ai beaucoup appris avec lui. On a revu le scénario ensemble. Il m'explique qu'il faut pousser les curseurs », explique-t-elle. Pour le casting, les rôles principaux sont tenus par Cécile Coves et Maya Penicaut.
Aline Thierry a déjà en préparation le scénario d'un prochain court-métrage et celui d'un long-métrage. Elle cherche désormais des partenaires pour financer ses projets, notamment au Cameroun, où elle souhaite tourner une partie de ses futurs longs-métrages, entre réel et inexplicable.



