Présenté au Festival de Cannes, La Vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet suit une année de la vie d'un personnage libre et fascinant, interprété par Léa Drucker. Cette brillante spécialiste en chirurgie maxillo-faciale, mariée à un homme adorable, a choisi de ne pas avoir d'enfants. Elle mène une existence bien remplie et semble parfaitement épanouie, jusqu'au jour où une passion inattendue frappe à sa porte.
Un personnage féminin construit hors des sentiers traditionnels
« Le plus important pour moi était d'écrire un personnage de femme qui ne se soit pas construite dans l'amour et la maternité mais qui aurait choisi de mettre son métier, qui est aussi une passion, au centre de sa vie », explique la réalisatrice des Amours d'Anaïs. Son héroïne, une quinquagénaire solaire et archi compétente, ne renonce pas pour autant à sa vie amoureuse et érotique. Sa rencontre avec une artiste incarnée par Mélanie Thierry lui fait découvrir de nouveaux horizons.
Des femmes libres au cœur du récit
Léa Drucker est au meilleur de son talent dans ce portrait d'une femme d'aujourd'hui. « Elle a fait des choix et se trouve à un moment de sa vie où tout ce qu'elle désirait est là, analyse la comédienne. Elle a fait le choix de ne pas avoir d'enfants et n'a pas à s'en justifier. Ce n'est pas dramatisé dans le film. »
La liberté du personnage de Mélanie Thierry a pris d'autres formes. « C'est un électron libre, déclare l'actrice. Elle passe de bras en bras, d'un amour à l'autre, d'un pays à l'autre. Elle vit ses aventures avec une sincérité totale, mais elle peut soudain décider de s'échapper et de disparaître. »
Le thème de la liberté et de la sensualité
La liberté est le thème principal de cette histoire d'amour qui laissera des traces indélébiles chez une femme qui se croyait comblée et qui découvre qu'il est impossible de tout contrôler. La douleur comme le plaisir lui permettent de se sentir plus vivante. Les scènes de sexe sont délicates et intenses à la fois.
« Si je n'avais pas eu envie de filmer la sensualité, j'aurais fait un documentaire, mais si j'avais fait cela, je n'aurais pas eu accès à l'intimité, dit la réalisatrice. Ce qui m'intéressait était la maladresse d'une femme qui découvre l'amour avec une autre femme pour la première fois. »
Léa Drucker au bloc opératoire
Pour être crédible dans les gestes professionnels de l'héroïne, Léa Drucker a suivi un stage à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. « C'était une expérience extraordinaire, se souvient la comédienne. On rentre dans un autre espace-temps quand on découvre le bloc opératoire. Il y a une espèce de chorégraphie, des paroles parfois légères et des moments de concentration très forts. J'ai été intéressée par ce mélange presque musical de paroles et de mouvements. »
La professeure Chloé Bertolus, cheffe de service dans l'établissement, est ensuite venue la guider sur le plateau pendant le tournage d'une séquence d'opération très réaliste. « Cette énergie et cette vitalité du personnage viennent beaucoup d'elle », précise Léa Drucker. Le spectateur est heureux d'avoir partagé la vie de cette femme le temps d'une projection.



