Tour de France Femmes : 154 coureuses s'élancent de Lausanne
Tour de France Femmes : 154 coureuses s'élancent de Lausanne

Six jours après l'arrivée du peloton masculin sur les Champs-Élysées, le Tour de France Femmes reprend déjà la route. Ce samedi, 154 coureuses s'élancent de Lausanne, en Suisse, pour un deuxième Grand Départ à l'étranger après les Pays-Bas en 2024. Jusqu'à la Promenade des Anglais à Nice, elles devront avaler 18 795 mètres de dénivelé positif, avec un menu copieux : un final pour puncheuses samedi, une étape pour sprinteuses dimanche, une journée pour baroudeuses lundi, puis un contre-la-montre individuel et, pour finir, le mont Ventoux et quatre ascensions du col d'Èze.

Un contre-la-montre taillé pour le suspense

Les choses sérieuses commenceront mardi avec un contre-la-montre individuel de 21 kilomètres entre Gevrey-Chambertin et Dijon. Pour Marion Rousse, directrice de l'épreuve, ce choix est délibéré : « Je pense qu'à l'inverse des hommes, placer un contre-la-montre va nous donner plus de suspense, explique-t-elle à France TV Sport. Cela va peut-être permettre à des filles comme Marlen Reusser de prendre du temps sur des filles comme Kasia Niewiadoma, qui n'aiment pas du tout ça et qui vont devoir rattraper du temps assez rapidement. »

Le Ventoux, sommet mythique au programme

Mercredi, le mont Brouilly servira de premier juge de paix pour les grimpeuses. Vendredi, place au plat de résistance avec l'arrivée au mythique Ventoux par Bédoin, son versant le plus difficile. « Pour moi, c'est le col le plus spectaculaire. Rien que pour la poésie qu'il raconte, tu as l'impression d'arriver sur la lune. Sur chaque édition, on a besoin d'aller côtoyer un sommet mythique, parce que ça fait entrer un peu plus le cyclisme féminin dans l'histoire de notre sport », justifie Marion Rousse.

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Cette tradition a déjà mené le Tour à la Super Planche des Belles Filles (2022), au Tourmalet (2023), à l'Alpe d'Huez (2024), au col de la Madeleine (2025) et désormais au Ventoux. Pour l'ultime étape, le suspense sera maintenu jusqu'au bout avec quatre passages au col d'Èze, dont une dernière ascension empruntant le chemin du vinaigrier et ses passages à 16 %.

Ferrand-Prévot face à Vollering

Pauline Ferrand-Prévot, sacrée l'an dernier dans les Alpes, fait figure de favorite à sa propre succession. La Rémoise reste discrète : aucune victoire cette saison et plus aucune course depuis la Vuelta début mai. Mais sa capacité à briller au moment décisif n'est plus à démontrer. Le public français l'attend, d'autant qu'elle n'a couru que deux jours dans l'Hexagone depuis son titre : la Classic Lorient Agglomération le 30 août 2025 et Paris-Roubaix le 12 avril.

Si une Française ne s'impose pas, une équipe française pourrait le faire : PFP part avec une petite longueur de retard sur Demi Vollering, leader incontestée de FDJ United-Suez. Vainqueur en 2023, deuxième en 2022, 2024 et 2025, la Néerlandaise compte déjà dix victoires en 2026, dont le Tour des Flandres, Liège-Bastogne-Liège et le Giro. « Le chrono n'est pas pour la désavantager », prévient Marion Rousse.

Blasi, Reusser et les autres outsiders

L'Espagnole Paula Blasi s'annonce comme l'épouvantail. À 23 ans, elle a explosé au printemps en remportant l'Amstel Gold Race, le Tour des Pyrénées, le Tour de Catalogne et surtout la Vuelta, où elle a repris plus de 30 secondes à Anna van der Breggen dans l'Angliru. La leader de la formation UAE prend part pour la première fois au Tour de France Femmes.

La Suissesse Marlen Reusser, championne du monde du contre-la-montre, espère s'emparer du maillot jaune dès mardi. Et pourquoi pas le conserver en montagne, elle qui a terminé deuxième du Giro et de la Vuelta l'an dernier. Derrière, Anna van der Breggen, toujours compétitive à 36 ans (deuxième de la Vuelta, troisième du Giro), et Kasia Niewiadoma, sur le podium de toutes les éditions (vainqueure en 2024, troisième en 2022, 2023 et 2025), complètent un plateau très relevé.

Marion Rousse se réjouit de cette densité : « Chez les garçons, à chaque fois que Pogacar est au départ, on a tendance à commenter la deuxième place plus que la première. Ce n'est pas encore le cas dans le cyclisme féminin. » Et tant mieux pour le spectacle.

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