Grâce à un collectif solide et résilient, le Montpellier Hérault Rugby s’est hissé en demi-finale du Top 14 contre le Stade Français, ce samedi 20 juin (21h05). En traînant à la brasserie du MHR fin mai, après la belle victoire contre la Section Paloise (26-18), la fête battait son plein. Les joueurs communiaient avec leurs supporters dans une salle comble. L’un d’eux confiait : « Aucune équipe n’a vécu ce qu’on a traversé depuis quatre ans. La force qu’on a, elle vient de là, de tout ce qu’on a surmonté. »
Une résilience forgée par les épreuves
Les quatre années qui ont suivi le titre ont été marquées par des bas profonds et une valse d’entraîneurs (Saint-André, Elissalde, Cockerill, Collazo). Ces difficultés ont ajouté des couches au cuir épais de ce groupe, le rendant quasi hermétique aux événements extérieurs. Cette résilience est devenue le leitmotiv de tout un club et sera encore présente samedi soir au Vélodrome contre le Stade Français.
Le staff, guidé par le trio 100 % montpelliérain Caudullo-Paillaugue-Doumayrou, a bien compris cela et en a fait l’ADN de son coaching. La preuve : le recrutement des deux dernières saisons, marqué par des joueurs sans nom ronflant (à part Billy Vunipola, l’exception qui confirme la règle) mais d’une efficacité extrême.
« Ils ont tous été des chiens sur le terrain »
« C’est ça qui me plaît avec ce staff. Avec lui, il n’y a pas de star. On part du principe qu’on doit tous se remettre en question. Beard et Vunipola ont été remis en question et ils ont répondu sur le terrain », assure le talonneur Christopher Tolofua. « Les entraîneurs étaient déjà des compétiteurs quand ils étaient joueurs. Ils adorent gagner, tirer les joueurs vers le haut à travers des exercices ou des séances vidéo. Quand on regarde la carrière de chaque joueur qui a composé ce staff, ils ont tous la grinta, ils ont tous été des chiens sur les terrains. Des stars, ils n’en veulent pas, ils veulent des joueurs qui bossent pour l’équipe. »
Aujourd’hui, aucun joueur ne transperce le terrain à chaque match. Ou alors, quand il le fait, c’est grâce au travail de sape réalisé au préalable et à la confiance dégagée par ses partenaires. Cette force collective, le numéro huit Billy Vunipola n’explique pas comment elle a émergé aussi vite. « Ce que je peux dire, c’est qu’on dégage plus de cohésion, on se bat l’un pour l’autre. J’ai ce match de Clermont (17-20) en tête, quand on prend un carton orange, qu’on défend pendant vingt minutes mais que personne ne se lâche. On sent qu’on est heureux de jouer pour le mec d’à côté », souligne celui qui en est l’exemple typique.
« On veut un collectif fort »
Symbole de cet état d’esprit, le MHR excelle dans les secteurs qui demandent un état d’esprit irréprochable. Il est la meilleure défense du Top 14, la deuxième meilleure mêlée sur les pénalités récupérées sur mêlée adverse (37) et est la deuxième équipe qui marque après un ballon porté (18 essais). Des chiffres symptomatiques d’un collectif fort. « L’ADN du MHR, c’est une équipe qui joue pour les autres, d’arrêter d’avoir des stars qui ne jouent que pour elles. Nous, on veut un collectif fort. Peu importe qui on met sur le terrain, c’est le collectif qui passe avant l’individu. Et puis, avoir une agressivité qui reste dans la légalité et une équipe capable de pouvoir ouvrir le jeu, assez hybride », résume Benoît Paillaugue, patron de l’attaque et incarnation de cet état d’esprit quand il était joueur. « La star, c’est l’équipe. »



