Une équipe internationale de biologistes marins a annoncé la découverte d'un cancer transmissible chez plusieurs espèces de poissons dans l'océan Pacifique. Cette pathologie, similaire à la tumeur faciale du diable de Tasmanie, se propage par contact direct entre individus. L'étude, publiée dans la revue Nature, révèle que des cellules tumorales se sont implantées chez des poissons sains, établissant une lignée cellulaire cancéreuse indépendante.
Une mutation génétique inattendue
Les analyses génétiques ont montré que les tumeurs proviennent d'un même clone cellulaire, suggérant un événement de transmission unique il y a plusieurs décennies. « Nous avons été stupéfaits de constater que les cellules cancéreuses portaient des marqueurs génétiques identiques d'un poisson à l'autre », explique le Dr. Sophie Lefèvre, co-auteure de l'étude. Sur 500 spécimens examinés, 23 présentaient des tumeurs transmissibles, soit près de 5 % de la population touchée.
Implications pour la recherche
Cette découverte élargit le spectre des cancers transmissibles, jusqu'ici limités à quelques mammifères et mollusques. Les chercheurs soulignent que le système immunitaire des poissons pourrait être moins efficace pour rejeter les cellules étrangères, ouvrant de nouvelles pistes pour comprendre les mécanismes d'évasion immunitaire. « Cela pourrait aider à développer des thérapies ciblées contre les cancers agressifs chez l'humain », ajoute le Dr. Lefèvre. L'équipe prévoit désormais de surveiller l'évolution de cette tumeur dans l'écosystème marin.



