Le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné, lundi 21 septembre, un homme de Gignac à 18 mois de prison dont 6 avec sursis pour des violences commises en état d'ivresse et en présence d'un mineur. La partie ferme, soit 12 mois, sera effectuée sous bracelet électronique à son domicile, une décision qualifiée de « dernière chance » par la juridiction.
Une soirée marquée par la violence et l'alcool
Dans la nuit du 17 au 18 septembre, une dispute éclate sur la terrasse d'un restaurant du centre de Gignac. Un serveur tente de calmer l'individu alcoolisé qui s'en prend à sa compagne. Il reçoit un violent coup qui lui casse le nez et le met KO, lui valant dix jours d'ITT. L'agresseur pousse ensuite une femme au sol avant de la frapper, des faits attestés par la vidéosurveillance.
Le fils de l'individu, qui fêtait ses deux ans une semaine après les faits, était présent dans sa poussette. Une amie l'avait ramené au domicile de sa concubine. Une fois le couple revenu, une nouvelle altercation éclate : pour empêcher sa compagne de partir, l'homme la traîne par les cheveux des escaliers jusqu'à l'appartement.
Des armes non déclarées et un taux d'alcool élevé
Lorsque les gendarmes arrivent vers 1 h 20 du matin, alertés par des voisins, la victime est assise en pleurs dans la salle de bains. Elle présente des traces de coups sur le visage, des plaies au coude et au genou, et des hématomes sur les jambes. L'homme, avec 1,40 g d'alcool par litre de sang, nie les violences, reconnaissant seulement avoir cassé la porte de la résidence. Le lendemain, des armes non déclarées, dont un fusil et des poings américains, sont retrouvées à son domicile.
Le prévenu, déjà condamné en mai à six mois de prison avec sursis pour des faits identiques sur une autre femme, comparaît en récidive. Il affirme n'avoir donné qu'une gifle au serveur. « Comment expliquez-vous la gravité de sa blessure, alors ? », demande le président. « Peut-être que sa tête a cogné le sol dans sa chute », répond-il.
Des obligations strictes pour éviter la détention
La victime, qui n'a pas porté plainte et est absente à l'audience, avait déclaré aux gendarmes être « terrifiée mais incapable de le quitter ». Le prévenu explique avoir « perdu (sa) femme il y a deux ans ». La procureure, rappelant la récidive et le risque de réitération, requiert 18 mois d'emprisonnement avec maintien en détention. « Il travaille et a eu un suivi psychologique en 2025, mais rien ne montre qu'il a soigné son addiction à l'alcool », constate-t-elle.
L'avocat de la défense estime qu'il n'y a « pas d'emprise dans ce dossier » et qu'il y a « de la violence verbale en lien avec la consommation d'alcool de la part des deux conjoints ». Il ajoute : « s'il part en détention, c'est aussi son fils qui serait puni ». Le tribunal suit partiellement les réquisitions : 18 mois dont 6 avec sursis, mais la partie ferme sous bracelet électronique.
Pour éviter la détention, le condamné devra travailler, suivre des soins en addictologie et psychologie, réparer les dommages, payer les sommes dues au Trésor public, et suivre un stage de sensibilisation aux violences. Il lui est interdit d'entrer en contact avec les deux victimes et de paraître au domicile de sa conjointe. Il devra verser une provision de 1 000 € au serveur, en attendant l'examen des intérêts civils en janvier 2027.