Le lundi 21 septembre, David, le compagnon actuel de Larissa Brito dos Santos, une Brésilienne de 25 ans, s'est rendu dans l'appartement de la jeune femme, rue Lenval à Nice, après un appel de sa mère. Sur place, il a vécu un face-à-face tendu avec Mathieu, l'ex-compagnon de Larissa, aujourd'hui mis en examen pour homicide par ex-conjoint. À l'intérieur du logement, David a découvert une trace de sang sur le canapé et une serviette trempée dans les poubelles, éléments qui alimentent les soupçons d'une scène de crime.
Une alerte de la mère et un pressentiment
Ce lundi-là, la mère de Larissa, inquiète de ne plus avoir de nouvelles de sa fille depuis dimanche vers 5 heures du matin, a appelé David. « Elles s'appelaient tout le temps. Et là, sa fille ne répondait plus. Cette situation était anormale. Elle m'a dit : "S'il te plaît, va chez elle." », raconte David, effondré. Dix jours plus tôt, il s'était disputé avec la jeune femme pour une futilité, mais il l'avait eue au téléphone le vendredi soir. Il n'imaginait pas qu'il ne la reverrait plus jamais.
Vers 13 h 45, David arrive rue Lenval, dans un immeuble aux parties communes fissurées et aux couloirs étroits. En montant au quatrième étage, il entend du mouvement à l'intérieur de l'appartement qu'il partageait avec Larissa. Il sonne, frappe, appelle, mais personne ne répond. Il parvient à ouvrir la serrure avec sa clé, mais quelqu'un retient la porte de l'autre côté.
Un face-à-face avec Mathieu, l'ex-compagnon
La porte s'entrouvre et David se retrouve face à Mathieu, vêtu de noir avec une casquette noire. « Il poussait la porte pour que je ne rentre pas. Il était livide, blanc comme un cachet », se souvient David. Mathieu affirme que Larissa est partie payer son loyer, mais David n'y croit pas. Le bruit d'une machine à laver s'échappe de l'appartement. « Je lui ai dit : "Laisse-moi entrer." Puis : "Je vais appeler la police." », ajoute-t-il.
David finit par être autorisé à entrer. Sur sa droite, dans l'entrée, il voit deux sacs pleins, dont un appartenant à Larissa. « Il y avait trois millimètres d'eau partout dans l'appartement. Tout avait été nettoyé. » L'appartement semble vidé. C'est à ce moment que Mathieu prend la fuite avec les sacs. David descend à sa recherche, sans le retrouver, puis apprend qu'il loge dans un hôtel en face. Il appelle le 17.
Des traces suspectes et une enquête qui bascule
En remontant à l'appartement, David remarque l'absence des vêtements de Larissa, de ses sous-vêtements, de ses produits de beauté, et d'un « roll on » dans le frigo, qu'elle utilisait chaque soir pour ses soins du visage. Dans les poubelles communes, il retrouve une serviette trempée avec des « traces suspectes ». « Dans l'appartement, il y avait une trace de sang sur le canapé. Etait-ce normal ? J'essayais de rationaliser mais je commençais à paniquer », confie-t-il.
La police judiciaire et les techniciens de la police scientifique arrivent rapidement. Vers 22 heures, David apprend que l'enquête en disparition inquiétante est devenue une procédure pour « homicide ». Mathieu a été interpellé dans le Var, et le corps de Larissa, tuméfié, a été retrouvé dans le coffre de sa voiture. David, bouleversé, s'interroge : « Comment a-t-il pu traverser la rue Lenval ou l'avenue de la Californie avec un corps ? Dans une valise ? »
Depuis, David est inconsolable et tente d'aider la famille de la jeune femme, coincée au Brésil. Interrogé puis présenté à un juge, Mathieu conteste les faits, selon le procureur de la République de Nice. Les expertises judiciaires en cours devront déterminer si le meurtre a bien eu lieu dans l'appartement de la rue Lenval.