Un couple de toxicomanes a été condamné par le tribunal judiciaire de Grasse à trois ans de prison, dont 18 mois ferme, pour une série de vols à l'arraché ciblant des personnes âgées à Cannes, Le Cannet et Mandelieu. Luigi C., 53 ans, et Géraldine G., 48 ans, ont comparu pour vol par ruse et vol facilité par l'état d'une personne vulnérable. Le duo, décrit comme « infernal », a reconnu les faits devant les juges, des actes qualifiés d'« extrême gravité » par le parquet.
Des vols en scooter visant des victimes vulnérables
Appréhendés le 27 septembre dernier, les deux prévenus ont été identifiés grâce à des témoignages et aux images de vidéosurveillance de la ville. Lors de leur interpellation, les enquêteurs ont découvert dans leur deux-roues trois pipes à crack, des tenailles et un tournevis. Le couple, en proie à une addiction massive au crack, arpentait les rues de Cannes, du Cannet et de Mandelieu à la recherche de proies faciles, notamment des femmes âgées et vulnérables.
Le 7 septembre, ils ont fait une première halte devant une demeure luxueuse des beaux quartiers de Cannes. Le gardien a surpris la femme pénétrant dans la demeure, d'où elle est ressortie avec un robot ménager trop lourd pour sa frêle silhouette, avant de s'enfuir à scooter avec son concubin. La présidente du tribunal a interpellé Géraldine G., très agitée dans le box, en ces termes : « Vous ne tenez plus en place parce que vous êtes en manque ! » La prévenue a affirmé que cet arrêt n'était fait « que pour soulager un besoin urgent ».
Des victimes âgées de 84 et 81 ans
Le 22 septembre 2026, rue Georges-Clemenceau, le couple a repéré une femme de 84 ans montant les marches d'un escalier. Géraldine G. lui a arraché son sac contenant les clés de son appartement, sa carte bleue et 10 euros. Le lendemain, une autre victime, âgée de 81 ans et se déplaçant avec un déambulateur, a vu son sac disparaître avec ses affaires personnelles, se retrouvant isolée.
Interrogé, Luigi C. a reconnu : « Ce n'est pas bien ce que l'on a fait, on n'avait jamais fait ça avant. Je travaille à la ville depuis 33 ans, ça ne me ressemble pas, je n'ai pas ma place ici. On se connaît depuis 8 ans, on fume ensemble la cocaïne. » La procureure a dénoncé des faits « d'une extrême gravité pour des butins dérisoires. Ils n'ont pas pris la mesure de leurs actes et c'est pour cela qu'ils sont dangereux ». Elle avait requis quatre ans de prison.
Le tribunal condamne le duo à la même peine
En défense, Stéphanie Dantzikian a plaidé : « Ce ne sont pas des voleurs chevronnés, mais deux personnes qui sont malades. Ils sont dans leur monde. » Dans son délibéré, le tribunal a condamné les deux prévenus à la même peine : trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis probatoire pendant 18 mois, avec maintien en détention. Ils devront également indemniser leurs victimes, particulièrement traumatisées après ces actes.