Le maire de Millau, Christophe Saint-Pierre, a annoncé que la ville devra faire des économies, dans un contexte de contribution des collectivités locales au redressement des comptes publics. Six mois après son élection, l'édile prévient qu'il faudra hiérarchiser les priorités, reporter certains investissements et parfois renoncer à des ambitions initiales.
Un plan de mandat sous contrainte financière
Alors que les collectivités locales sont appelées à contribuer à l'effort national, les élus municipaux de Millau, en pleine élaboration du plan de mandat, passent en revue les projets qu'ils souhaitent engager et évaluent ceux qui pourront réellement être financés. « Il faudra faire des économies, c'est très clair », prévient le maire, qui concède « avec gravité » qu'il devra donc hiérarchiser ses priorités, reporter certains investissements et parfois renoncer à des ambitions initiales.
Interrogé sur d'éventuelles suppressions de missions (culture, éducation, action sociale), Christophe Saint-Pierre n'exclut pas d'envisager d'autres façons de les assurer. « Il faudra se poser la question. Pas forcément de diminuer des missions, mais voir est-ce qu'on peut les faire différemment », explique-t-il. Cette réflexion porte aussi sur les investissements, certains projets envisagés pour 2027 pourraient être repoussés de plusieurs années.
La nouvelle salle des fêtes en première ligne
La nouvelle salle des fêtes envisagée sur le terrain Guy devrait être le premier des projets à faire les frais de ces arbitrages. Pour le maire, un équipement neuf serait difficile à financer dans les conditions actuelles. « Je ne suis pas certain que nous allions sur un équipement public neuf et nouveau, parce que dans l'état actuel, on n'arrivera pas à le financer », affirme Saint-Pierre. Le projet pourrait donc être revu au profit de la réhabilitation de la salle des fêtes. « Si on n'en fait pas un, il faudra faire l'autre. »
« Il y a peut-être des choses que nous aurions souhaité faire en 2027, qu'on fera peut-être en 2030 », indique le maire, illustrant les reports possibles.
Santé, attractivité, sécurité : les dossiers préservés
Si certains investissements sont susceptibles d'être différés, trois dossiers sont présentés comme prioritaires : la santé, l'attractivité et la sécurité. Le projet de tiers-lieu santé doit ainsi continuer à avancer, le principal obstacle restant le choix du site. Plusieurs lieux ont été étudiés, confirme l'édile, dont celui de La Capelle, dont la remise aux normes représenterait, selon lui, environ 720 000 euros d'investissement. Deux autres hypothèses sont actuellement examinées.
Pour Christophe Saint-Pierre, l'attractivité constitue un autre des axes forts. La municipalité souhaitant notamment créer une structure fonctionnant comme une « agence », destinée à mieux accompagner les entreprises et les porteurs de projets tout en rapprochant les différents services de développement économique. La sécurité enfin, demeure pour le maire, le dossier prioritaire, avec la poursuite du processus d'armement de la police municipale.
Saint-Pierre, qui fait valoir une hausse de 26 % des faits de délinquance depuis le début de l'année, veut renforcer la présence des agents sur le terrain et assurer leur protection. « Que ce soit la santé, que ce soit l'attractivité, ce sont des sujets forts qu'on a développés pendant la campagne. Et la sécurité, c'est pareil », conclut-il.