Santé mentale : près d'une personne sur deux souffrant de difficultés psychologiques garde le silence
Santé mentale : près d'une personne sur deux garde le silence

Santé mentale : près d'une personne sur deux souffrant de difficultés psychologiques garde le silence

Les problèmes de santé mentale touchent une part importante de la population, et une nouvelle étude de Santé publique France vient d'en révéler l'ampleur préoccupante. Près d'une personne sur deux ayant souffert de difficultés psychologiques n'en parle à personne, ni à son entourage ni à un professionnel de santé.

Une étude révélatrice sur le silence entourant la santé mentale

Publiée mardi par Santé publique France, cette étude présente les derniers résultats de l'enquête CoviPrev lancée en 2020. L'enquête a sondé en 2022 et 2023 un total de 8 010 individus, dont 2 919 personnes ayant déclaré avoir ressenti un mal-être ou des difficultés psychologiques au cours des douze derniers mois.

Il en ressort qu'une proportion élevée de ces personnes - 49%, soit près d'une sur deux - ont déclaré n'en avoir « parlé à personne, ni à leur entourage ni auprès de professionnels de santé ». Ce silence est particulièrement marqué chez certaines catégories de la population.

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Les profils les plus touchés par ce silence

Les personnes ayant le moins souvent parlé de leur mal-être psychologique étaient :

  • Les hommes âgés de plus de 65 ans (41%)
  • Les personnes présentant un état dépressif (44%)
  • Les personnes vivant en milieu rural (47%)
  • Les ouvriers (46%)

À l'inverse, les individus ayant communiqué sur leurs difficultés psychiques étaient bien plus nombreux parmi :

  • Les cadres et professions intellectuelles supérieures (59%)
  • Les personnes se percevant en bonne situation financière (54%)
  • Les jeunes de moins de 35 ans (57%)
  • Les femmes (53%)
  • Les personnes en emploi (53%)

Les canaux de communication utilisés par ceux qui parlent

Pour l'autre moitié de l'échantillon (51%) qui a choisi de s'exprimer, les canaux de communication étaient variés :

  1. Un professionnel de santé ou de santé mentale (29%)
  2. Un membre de leur famille (25%)
  3. Un ami (19%)
  4. Un collègue de travail (7%)
  5. Des canaux de communication alternatifs : ligne d'écoute téléphonique, réseaux sociaux, association (9%)

L'impact de la pandémie sur la santé mentale

« La pandémie de Covid-19 a fortement altéré la santé mentale des populations à l'échelle mondiale », rappelle l'étude. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a observé une hausse d'environ 25% des troubles anxieux et dépressifs, en particulier chez les femmes et les jeunes.

En France, la prévalence des épisodes dépressifs caractérisés survenus dans l'année a presque doublé chez les 18-24 ans, passant de 11,7% en 2017 à 20,8% en 2021, comme l'a documenté Santé publique France.

La nécessité d'actions ciblées

Ces résultats montrent « l'importance de déployer des actions pour faciliter la parole autour de la souffrance psychique et réduire la stigmatisation », avec une « attention particulière » pour les personnes « ayant le moins tendance à s'exprimer à ce sujet », estiment les auteurs de l'étude.

Les troubles du sommeil, souvent liés à ces difficultés psychologiques, peuvent avoir des effets significatifs sur la santé physique et mentale, ajoutant une dimension supplémentaire à ce problème de santé publique.

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