L'armée soudanaise a été accusée, lundi 3 août, par une organisation non gouvernementale d'avoir tué 35 personnes lors d'une frappe de drone menée contre un tribunal de la région du Darfour. L'annonce a été faite dans un communiqué dont les médias locaux ont relayé le contenu.
Une frappe meurtrière dénoncée par une ONG
Dans son communiqué, l'ONG, dont le nom n'a pas été précisé dans la dépêche, indique que l'armée a visé le bâtiment du tribunal, où se trouvaient de nombreux civils. Elle parle d'un bilan provisoire de 35 morts et de plusieurs blessés. L'organisation a exigé l'ouverture d'une enquête internationale indépendante afin de faire la lumière sur cette frappe.
Pour l'instant, l'armée soudanaise n'a pas officiellement réagi à ces accusations. Aucun responsable militaire n'a commenté l'incident. Les habitants de la région, déjà éprouvés par des mois de combats, redoutent de nouvelles violences.
Le Darfour, épicentre de violences
La région du Darfour, située dans l'ouest du Soudan, est ravagée par des affrontements depuis le début de la guerre civile en avril 2023. Cette guerre oppose l'armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah Al-Bourhan, aux Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Daglo, dit « Hemedti ».
Le Darfour a été le théâtre de massacres et de déplacements massifs de population. Des organisations internationales ont dénoncé à plusieurs reprises les exactions commises par les deux camps, notamment des violences à caractère ethnique. Les cours et les tribunaux, symboles de l'ordre judiciaire, sont parfois pris pour cible, comme dans ce dernier incident présumé.
Cette région reste également marquée par le conflit des années 2000, qui avait conduit la Cour pénale internationale (CPI) à inculper d'anciens responsables soudanais pour génocide et crimes contre l'humanité. La mission de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine, l'UNAMID, a été retirée en 2020, laissant la population locale sans protection effective.
La multiplication des frappes de drones
Au cours des derniers mois, les frappes de drones sont devenues une arme de plus en plus utilisée par les belligérants. Selon des observateurs, ces engins, faciles à déployer, permettent de frapper des cibles précises, mais causent souvent des pertes civiles. Plusieurs rapports font état de frappes ayant visé des marchés, des hôpitaux ou des zones résidentielles, en violation du droit international humanitaire.
La frappe sur le tribunal du Darfour, si elle est confirmée, s'ajouterait à une liste déjà longue d'attaques contre des infrastructures civiles. Les avocats et les juges de la région sont particulièrement exposés, car les cours de justice sont souvent utilisées comme refuges par des familles fuyant les combats.
La communauté internationale appelée à agir
Face à ces événements, plusieurs organisations humanitaires et diplomatiques ont exprimé leur vive inquiétude. Le secrétaire général des Nations unies avait précédemment appelé à un cessez-le-feu immédiat et à la protection des civils. Les États-Unis, l'Union européenne et l'Union africaine ont également condamné les violences au Soudan, mais leurs appels sont restés largement sans effet.
L'ONG à l'origine de l'accusation réclame que la Cour pénale internationale se saisisse des faits, ou du moins qu'une commission d'enquête indépendante soit dépêchée sur place. Elle rappelle que les auteurs de telles attaques doivent répondre de leurs actes devant la justice.
Dans l'immédiat, les habitants de la région du Darfour, privés de protection, restent exposés aux combats et aux frappes aériennes. Les organisations humanitaires peinent à accéder aux zones touchées en raison de l'insécurité. Les besoins en nourriture, en eau et en soins médicaux sont énormes, selon les dernières évaluations.
Cette nouvelle accusation ajoute une pression supplémentaire sur les belligérants, alors que des pourparlers de paix, parrainés par l'Arabie saoudite et les États-Unis, semblent au point mort. La société civile soudanaise craint que le conflit ne s'enlise encore davantage et que les violences ne s'étendent à d'autres régions.
En attendant, les familles des victimes enterrent leurs morts et demandent justice. Le témoignage de l'ONG, bien que non vérifié, est pris très au sérieux par les observateurs, qui estiment que les droits humains sont bafoués quotidiennement au Soudan.



