Gennifer Demey brise l'omerta sur le deuil périnatal
Gennifer Demey brise l'omerta sur le deuil périnatal

Gennifer Demey, présentatrice météo sur M6 et épouse du magicien Eric Antoine, a révélé avoir perdu un enfant. C'est le 19 octobre, dans une interview accordée à TV Magazine, qu'elle a confirmé avoir « vécu » ce drame, après avoir évoqué sur Instagram la « omerta » entourant le deuil périnatal. « C'est peut-être pour ça que je me sens légitime d'en parler aujourd'hui », a-t-elle expliqué.

Des mots qui blessent et une prise en charge critiquée

Gennifer Demey a exprimé sa colère face aux phrases « très dures à entendre » prononcées par les médecins. Elle cite notamment : « Ce n'est pas grave, Madame, c'est la nature, vous savez. C'est même mieux maintenant, là, ce n'était pas viable à ce stade-là ». Des paroles qui minimisent l'événement et la douleur de celles qui sont « dévastées ».

Elle critique également l'utilisation du terme « fausse couche », qui sous-entend que « cette grossesse et ce bébé ne sont pas réels ». Or, rappelle-t-elle, « dès l'instant où les deux barres s'affichent sur le test de grossesse, on bascule dans le concret ». Elle lui préfère l'expression « arrêt de grossesse ».

Un manque de préparation face à une réalité fréquente

La présentatrice déplore aussi l'absence de préparation des futurs parents à un tel drame, alors que, selon elle, « une grossesse sur quatre s'arrête ». Cette réalité, trop souvent tue, laisse les couples démunis face à la douleur et à la culpabilité.

Gennifer Demey, qui a été soutenue par son mari dans cette épreuve, souhaite désormais aider les femmes. Ostéopathe de formation, elle veut leur dire : « Vous n'êtes plus seules, on entend vos voix et on les porte ».

Des solutions concrètes pour mieux accompagner

Pour améliorer la prise en charge, elle préconise deux actions. Premièrement, informer les femmes enceintes qu'une grossesse peut ne pas aller à son terme, afin d'alléger le sentiment de culpabilité. Deuxièmement, lorsque l'arrêt de grossesse doit être annoncé, que cela se fasse dans un cadre sécurisé, en présence d'un psychologue.

Une étude a d'ailleurs montré que la prise en charge aux urgences gynécologiques « est souvent vécue comme inadaptée par celles qui y sont accueillies » pour une « fausse couche », notamment parce que le service accueille aussi des femmes enceintes ou en train d'accoucher. La Journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal, le 15 octobre, vise à reconnaître la perte d'un bébé pendant la grossesse, à la naissance ou dans les premiers jours de vie.