Le déroulement des faits
Le 3 juillet 2025, Juliette (prénom modifié), une nonagénaire alerte, a été victime d’une agression alors qu’elle rentrait chez elle à Nîmes. Un homme lui a arraché son collier avant de prendre la fuite à bord d’une voiture conduite par un complice. Le bijou n’a jamais été retrouvé.
Les deux malfaiteurs avaient repéré leur cible au Super U de Camplanier. Ils ont attendu que la retraitée remonte dans sa voiture pour la suivre jusqu’au portail de son domicile. L’un des prévenus a alors abordé la victime en prétextant avoir installé la climatisation chez elle.
Les prévenus face au tribunal
Ce lundi 27 juillet 2026, Samy, âgé d’une trentaine d’années, a comparu devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Connu pour 29 mentions à son casier judiciaire et déjà condamné à 6 ans de prison pour extorsion, il a assumé les faits : « Tout ça, c’est moi qui l’ai fait ! » a-t-il déclaré, tout en cherchant à disculper son comparse. « J’ai demandé au petit d’aller dans le magasin puis de prendre le volant. Et ensuite d’attendre devant la maison », a-t-il précisé.
Interrogé par la magistrate sur le choix de la victime, Samy a répondu : « Je ne l’ai pas ciblée. Je n’ai pas réfléchi. C’était la seule dame qui avait un collier. » Le second prévenu, qui comparaissait libre, a affirmé ne pas s’être rendu compte que Samy suivait une personne âgée. « J’ai du mal à croire qu’il ne s’est rendu compte de rien », a répliqué le procureur. « Mais rien ne démontre qu’il avait une quelconque connaissance de ce projet », a plaidé son avocate, Me Salomé Auliard.
Les réquisitions du parquet
Le procureur Arnaud Massip a requis 5 ans de prison à l’encontre de Samy et 3 ans de prison dont 2 ans avec sursis probatoire pour son complice. « Ce sont des faits d’une grande lâcheté », a-t-il déclaré. Le tribunal a suivi ces réquisitions : Samy a été condamné à 5 ans de prison ferme, tandis que son comparse écope de 2 ans de prison avec sursis probatoire.
Les conséquences pour la victime
Depuis l’agression, Juliette ne dort plus et ne sort quasiment plus de chez elle, témoigne sa fille. « Avant ma maman allait très bien. Aujourd’hui, elle ne sort plus. Elle reste devant sa télé. L’impact est là », a-t-elle confié. La victime, soutenue par sa fille et leur avocate Me Delon, a décrit son traumatisme : « J’ai été blessée mais je ne suis pas tombée. Depuis, je me sens moins tranquille. Je suis méfiante… »



