Blocus lycées : la rectrice face aux représentants d'élèves
Blocus lycées : la rectrice face aux représentants d'élèves

Ce jeudi 1er octobre, la rectrice de l'académie de Montpellier, Carole Drucker-Godard, a convoqué un Conseil académique de la vie lycéenne extraordinaire avec des représentants d'élèves venus de toute la région. Les échanges, nourris et en toute franchise, ont permis aux lycéens de faire remonter leurs doléances sur les conditions de travail, Parcoursup, les classes surchargées et l'interdiction du portable.

Des lycéens déterminés mais posés

Les jeunes qui ont rencontré les responsables académiques dans l'après-midi ne sont certainement pas les mêmes que ceux qui ont dégradé ce jeudi des lycées à Nîmes, provoqué des débuts d'incendies à Montpellier (Jules-Guesdes, Jules-Ferry, Mendès-France) ou affronté violemment la police à Sète, Montpellier ou Alès. Le mouvement s'étend également très largement en région, y compris dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales.

"Nous devons entendre et faire remonter vos préoccupations et les conseils de vie lycéenne, qui siègent dans tous les établissements, sont aussi là pour ça", a assuré la rectrice avant d'enregistrer les doléances.

Des conditions de travail dénoncées

Au premier rang des préoccupations, les conditions de travail et l'état de délabrement du bâti scolaire. Deux élèves de Jean-Monnet, à Montpellier, dénoncent "un internat avec des éviers bouchés, des vitres qui explosent, de coupures d'eau chaude…" Les semaines entières passées cet été dans des salles en surchauffe ont accentué le sentiment de déclassement qui habite cette génération.

Viennent ensuite le stress lié à la plateforme Parcoursup d'inscription dans le supérieur, les classes surchargées, des emplois du temps engendrant des journées trop longues, mais aussi les non-remplacements d'enseignants. "Pas de professeur d'anglais pendant plusieurs mois l'année du bac, c'est inadmissible", lâche un élève de Louis-Feuillade (Lunel). Le ministre de l'Éducation a lui même reconnu que près de 10 % des cours n'étaient pas assurés faute de remplaçants.

La réponse de la rectrice

"Les rénovations sont de la compétence de la Région avec qui nous échangeons sur le sujet, précise la rectrice, mais l'argent mis dans la réparation des dégradations ne le sera pas dans les rénovations…"

En réponse, un élève de Jules-Guesdes lit un communiqué où il réaffirme que "notre objectif est de mener un blocus pacifique. Ces actes ne représentent pas notre mouvement, nous soutenons, les blessés et les personnels présents."

"C'est vrai que les sujets se mélangent dans nos revendications mais la loi interdisant les téléphones dans les lycées à la rentrée a été la goutte qui a fait déborder le vase", estime Guilhem, élève à Alphonse-Daudet (Nîmes).

Un manque de moyens dénoncé

Enki, représentant des lycéens de Joffre (Montpellier), élève le débat : "Tous ces soucis révèlent un manque de moyen profond et révèlent un problème de choix politique. En réponse, le gouvernement nous propose de nouvelles coupes budgétaires de 54 millions."

"Le budget de l'Éducation est l'un des rares à avoir été augmenté l'an dernier", souligne la rectrice qui a assuré aux lycéens les avoir "entendus" et les a renvoyés vers la plateforme nationale mise en place lundi prochain pour faire remonter les doléances.

"Elle représente l'État. On a été écoutés, mais pas forcément entendus", réagit Enki, mitigé à la sortie de ces 80 minutes d'échanges.