Ce jeudi 1er octobre 2026, la mobilisation des lycéens se poursuit en France. Les élèves réclament plus de moyens pour l'enseignement, dénoncent des classes surchargées, le non-remplacement des enseignants, les dysfonctionnements de Parcoursup et la vétusté des locaux. Midi Libre fait le point sur leurs revendications.
Plus de moyens pour les lycées, surtout en banlieue
Nina et Candice, lycéennes de 17 ans au lycée Arago à Paris, veulent « plus de moyens, surtout pour les lycées de banlieues » qu'elles « soutiennent », et souhaitent un « système plus égalitaire ». Elles se disent bien loties dans leur établissement rénové du 12e arrondissement.
En 2023, le ministère de l'Éducation a dépensé en moyenne 8 550 euros par lycéen dans le public et le privé sous contrat. Dans les régions urbaines comme l'Île-de-France, les dépenses par élève sont plus faibles que les moyennes nationales, et la taille souvent plus élevée des lycées se traduit par de moindres taux d'encadrement. En région parisienne, les enseignants sont aussi plus jeunes et moins rémunérés.
En plus de ces dotations, les Régions, compétentes pour les lycées, ont dépensé en moyenne 3 000 euros par lycée, avec de grandes disparités : de 2 380 euros en Île-de-France à 5 830 euros en Guyane.
Ras-le-bol des professeurs non remplacés
Les lycéens mobilisés se plaignent de l'absence de professeurs, parfois dans des matières importantes, comme le français en première. À la rentrée, il manquait au moins un professeur dans 53 % des collèges et des lycées publics, selon une enquête du syndicat Snes-FSU. « Dans la plupart des cas », il s'agit de « volumes d'heures d'enseignement à couvrir, et non des postes à temps plein non pourvus », avait affirmé le ministère.
En 2024-2025, 10 % des heures n'ont pas été assurées dans les lycées, selon les statistiques ministérielles. Selon un récent rapport parlementaire, environ 7,5 % des heures d'enseignement ne sont pas assurées à cause du non-remplacement des professeurs dans le second degré. « Le 100 % de remplacement, c'est quelque chose qui est statistiquement quasiment impossible. Il ne faut pas se mentir non plus », a réagi en début de semaine le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray.
Emplois du temps et classes surchargées
« On fait des 08 h-18 h, ce n'est pas normal » : déplore un terminale d'un lycée de Lille. Comme lui, beaucoup d'élèves se plaignent d'emplois du temps et de classes trop chargées. Le ministre a reconnu les difficultés liées à l'organisation du lycée depuis la réforme de 2019 et ses choix de spécialités.
Les rythmes scolaires reviennent régulièrement dans le débat public, mais des modifications supposent, dans les zones rurales notamment, d'adapter le transport scolaire, à la charge des collectivités. La convention des temps de l'enfant a proposé que les cours démarrent à 9 heures au lycée et de placer « les apprentissages théoriques le matin, et les apprentissages pratiques l'après-midi ». En 2025, il y avait en moyenne 30 élèves par classe au lycée, contre 27 en 2010, selon les données ministérielles.
En finir avec Parcoursup
La plateforme Parcoursup est très largement décriée parmi les élèves qui souhaitent sa suppression. Créée en 2018 en remplacement d'APB, Parcoursup est obligatoire pour les lycéens qui veulent candidater dans la plupart des formations de l'enseignement supérieur. Mais dans les faits, tous n'obtiennent pas de place : en juillet, environ 130 000 élèves étaient sans affectation à l'issue de la phase principale. La phase complémentaire est toujours en cours. Le processus, que beaucoup qualifient de sélection, est aussi accusé de manquer de transparence, en particulier les algorithmes utilisés par chaque formation.
Rénovation des bâtiments
Au lycée Saint-Exupéry à Mantes-la-Jolie (Yvelines), des adolescents ont raconté les « trous dans les plafonds, les vidéoprojecteurs et des ordinateurs qui ne marchent pas ». Une première à Thiers près de Marseille déplore qu'une classe défense ait été ouverte « alors qu'on n'a pas d'argent pour avoir des ventilateurs dans les salles, qu'on crève de chaud ».
Depuis les canicules de mai et juin notamment, le gouvernement insiste sur les programmes en cours de rénovation des établissements, qui appartiennent aux Régions, et non à l'État. Aucune cartographie des établissements scolaires selon leur performance énergétique n'existe. Le ministère a affirmé qu'elle était en cours.