Écrivains face à l'IA : « ChatGPT me fait aller beaucoup plus vite, mais beaucoup plus dangereusement »
Écrivains face à l'IA : vitesse et danger selon un auteur

L'affaire Thélyson Orélien, auteur canado-haïtien de 38 ans dont le roman « C'était ça ou mourir » (Grasset) a obtenu le prix du roman Fnac, a franchi un cap dans le débat sur l'intelligence artificielle (IA) en littérature. Alors que des écrivains comme Virginie Despentes, Philippe Jaenada, Pierre Assouline ou Aurélien Bellanger s'interrogent sur leur travail, l'un d'eux confie : « ChatGPT me fait aller beaucoup plus vite, mais beaucoup plus dangereusement ».

Une affaire qui ébranle le monde de l'édition

Depuis quelques années, on soupçonnait certains livres d'être écrits par l'IA, mais il s'agissait surtout de romance, de thriller bas de gamme, de littérature au mètre. Avec l'affaire Thélyson Orélien, un cap a été franchi. Son roman a obtenu le prix du roman Fnac et ses ventes en librairie affichent un score exceptionnel pour un auteur inconnu : 50 000 exemplaires.

Le parcours sans faute de l'auteur a été interrompu le lundi 21 septembre. Ce jour-là, un mystérieux compte X s'appuie sur l'outil d'analyse Pangram, présenté comme le plus fiable du moment, pour accuser le livre d'Orélien de n'être pas d'Orélien, mais d'avoir été généré avec une IA.

Réactions des acteurs du monde littéraire

Philippe Claudel, le président de l'Académie Goncourt, qui a inclus le livre dans sa première liste, a d'abord réagi prudemment. Il a expliqué au « Nouvel Obs » qu'il est « rigoureusement pour la présomption d'innocence », l'intéressé ayant juré ses grands dieux qu'il était bien l'auteur de son roman.

L'affaire continue de bouleverser le monde de l'édition, et de nombreux écrivains s'interrogent sur leur pratique à l'heure de l'intelligence artificielle. Les témoignages recueillis par la rédaction du « Nouvel Obs » montrent que l'IA est devenue un outil de travail pour certains, mais avec des risques potentiels.

Impact sur la création littéraire

L'utilisation de l'IA par des écrivains reconnus ou émergents soulève des questions fondamentales sur la nature de la création littéraire. La vitesse de production offerte par ces outils contraste avec les dangers potentiels qu'ils représentent pour l'authenticité et l'originalité des œuvres.

Cette affaire, qui a débuté avec la publication du roman d'Orélien et s'est accélérée avec l'accusation portée le 21 septembre, continue de faire des vagues dans le milieu. Les ventes exceptionnelles du livre, 50 000 exemplaires, et la reconnaissance du prix Fnac rendent l'affaire d'autant plus emblématique pour l'ensemble de la profession.