Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné, ce vendredi 23 octobre, deux hommes à sept ans de prison ferme pour des violences « extrêmes », des vols, l'incendie d'une voiture et des menaces contre des policiers municipaux. Les faits, survenus dans la soirée du 20 octobre, ont valu aux victimes deux et six jours d'incapacité totale de travail (ITT).
Des faits d'une brutalité inouïe
Ce vendredi 23 octobre, devant le tribunal correctionnel de Nîmes, deux prévenus, âgés de 32 et 29 ans, récemment sortis de prison, ont comparu pour une série de faits graves. Le premier cumule plus de vingt mentions à son casier judiciaire, le second 33. Leur liste s'est encore allongée avec les accusations de violences, vol, destruction de biens, menaces et outrages envers des policiers municipaux.
Les faits remontent à la soirée du 20 octobre. Alors que des pluies torrentielles s'abattent sur Nîmes, les deux complices croisent leur première victime dans le quartier de La Placette. « Ils faisaient les voyous », affirme le trentenaire, évoquant une histoire de cocaïne. Son complice assure ne pas se souvenir de la soirée : « J'avais bu un litre de vodka. » Une violente bagarre éclate, laissant des marques visibles sur le visage de la victime, présente à l'audience. Les deux prévenus en profitent pour dérober les clés de la camionnette du frère de la victime.
Une tentative de cambriolage avortée et un second passage à tabac
Au volant du véhicule volé, ils percutent à plusieurs reprises le portail d'une maison, route de Sauve. « Je voulais les cambrioler », reconnaît le trentenaire. Mais la famille se trouve à l'intérieur. « Les enfants étaient en pleurs. Vous comptiez faire quoi ? Un home-jacking ? », l'interpelle Me Olivier Bessodes, leur avocat. Le prévenu ne cache pas son projet : « Mon intention, c'était de prendre un maximum d'années. » Après l'échec de cette tentative, les deux hommes incendient la camionnette, chemin de la Jasse.
Sur le retour, ils s'en prennent à un autre homme, âgé d'une soixantaine d'années, qui attend son collègue à un rond-point pour partir travailler. Là encore, les coups pleuvent. « Des traces de chaussure ont été retrouvées sur son visage, il a le nez fracturé », souligne la présidente. Le trentenaire reconnaît les faits sans montrer de remords apparent : « Je l'ai frappé jusqu'à ce qu'il ronfle. Après, j'ai arrêté, je ne voulais pas tomber pour meurtre. » Les deux hommes dépouillent également leur victime de ses clés, de son téléphone et de son portefeuille. Six jours d'ITT lui sont délivrés.
Des menaces de mort et des réquisitions fermes
Le duo est finalement interpellé en pleine garrigue, après avoir lui-même appelé la police. Cette fois, c'est le plus jeune des deux qui s'en prend aux policiers municipaux, les menaçant violemment. Me Guilhem Benezech, qui représente sept fonctionnaires, rappelle les propos tenus : « Je vais te mettre un calibre dans la bouche », « Je vais vous égorger ». « Les mots, je les ai encore dans la tête », témoigne l'un des policiers à l'audience.
Face à la violence des faits, le procureur Stéphane Bertrand requiert quatre et six ans de prison ferme, « pour qu'ils regagnent leur place naturelle ». En défense, Me Charlène Moussavou insiste sur la vulnérabilité de son client (le trentenaire), notamment liée à la gestion de sa tutelle. « Il est résigné car il en vient à considérer qu'il serait mieux en prison que dans la rue. C'est pour ça qu'il prend toute la responsabilité sur lui », plaide-t-elle. Son client s'emporte : « Ils ne me donnent que 70 euros par semaine, vous voulez que je fasse comment ? » L'avocate demande une « peine qui lui permette de sortir de ce cercle vicieux, avec un vrai suivi renforcé ».
Me Merwa Amar, qui défend le plus jeune des prévenus, conteste de son côté la lecture de l'accusation, qui assimile l'amnésie de son client à de la lâcheté. Elle rappelle que son alcoolémie était telle que ses droits ont dû lui être notifiés de manière différée. « Je vous laisse imaginer son état au moment des faits », souligne-t-elle.
La décision du tribunal
Après délibéré, Celim Ait Meddour et Steve Trouillet sont condamnés à sept ans de prison, assortis d'une interdiction de port d'arme pendant cinq ans. Un mandat de dépôt a été ordonné. Ils devront également verser 800 euros de dommages et intérêts aux policiers, ainsi que 100 euros au titre des frais de justice.