Pillages à Nice : le gérant de Micromania craint un retour des casseurs
Micromania Nice : le gérant craint un retour des casseurs

Alors que de nouvelles violences urbaines sont redoutées ce samedi 24 octobre, Pierre Collin, responsable de la boutique Micromania de l'avenue Jean-Médecin à Nice, a confié à Midi Libre ses craintes et son état d'esprit. Son magasin avait été saccagé et pillé le 17 octobre, et il avait lui-même été blessé en tentant de s'interposer face aux casseurs. Une vidéo le montrant frappé à coups de pied dans le dos a été largement partagée sur les réseaux sociaux, le propulsant malgré lui sous le feu des projecteurs.

« On va revenir » : les menaces persistent

Interrogé par Midi Libre, Pierre Collin se dit formel : « S'ils enlèvent les planches de la façade [installées en attendant de réparer les vitres, ndlr], les gens vont se retrouver dans un magasin vide. Qu'est-ce que tu veux casser quelque chose qui est déjà cassé ? » Une déclaration empreinte de lucidité, alors que la boutique est fermée et que les dégâts sont considérables.

Mais le commerçant niçois reste néanmoins sur ses gardes. « On reçoit des appels de menaces de mecs qui nous disent "On va revenir la semaine prochaine" ou le 5 novembre », glisse-t-il. Face à ces intimidations, lui et son équipe « font des signalements » aux autorités. Les plaques posées pour protéger le magasin après la destruction des vitrines ont été décorées de messages de soutien, mais la menace demeure.

Un quotidien fait de rangement et de démarches

Pierre Collin décrit des journées éprouvantes : « Là on est au magasin, on nettoie, on ramasse, on inventorie, on regarde ce qui part à la poubelle, mais le magasin est fermé. Mes journées, c'est rangement, commissariat, tribunal, rangement. » Lui et son équipe ignorent encore quand ils pourront rouvrir. D'autres collègues, ailleurs en France, ont également été victimes d'incidents.

Des mesures ont été prises par les autorités pour éviter que les choses se reproduisent. « On verra si ça marche ou non, mais les commerçants niçois se préparent, ils dressent quasiment des barricades. Sur l'avenue Jean-Médecin, jeudi, on entendait des bruits de scie, les mecs étaient en train de mettre des planches partout », témoigne-t-il.

Un dispositif de maintien de l'ordre renforcé

Ce vendredi, le secrétaire d'État chargé de la Sécurité intérieure, Laurent Nuñez, a annoncé qu'il « y aura un dispositif de maintien de l'ordre extrêmement important » avec 70 000 policiers et gendarmes déployés partout sur le territoire. Dans le centre-ville de Montpellier, les bruits de perceuse résonnaient également ce vendredi, signe de la préparation des commerçants.

À Béziers, plusieurs commerçants ont confié à Midi Libre avoir investi dans des bombes lacrymogènes et des pistolets à impulsion électrique. « Peut-être que comme ça, ils se souviendront du nom de l'enseigne pour ne plus revenir », a glissé l'un d'eux. Le ministère de l'Intérieur a également annoncé la mobilisation d'unités spécialisées, comme le Raid, le GIGN et la BRI. Le ministre de l'Intérieur promet d'être « intraitable » : « La consigne que j'ai donnée est de faire preuve de la plus grande fermeté », a-t-il déclaré ce vendredi.