La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur a annoncé, à l'issue d'une réunion de crise tenue le 19 octobre à l'Hôtel de Région à Marseille, le déblocage d'un fonds d'urgence de 5 millions d'euros pour soutenir les commerces victimes de pillages et de dégradations lors des manifestations du 17 octobre. Une aide forfaitaire de 10.000 euros sera versée à chaque établissement touché, selon un communiqué de la collectivité.
Une réunion de crise à Marseille
La rencontre a réuni le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, le préfet de région Jacques Witkowski, les élus locaux ainsi que les représentants économiques régionaux. L'objectif était d'organiser une réponse rapide sur le terrain. Le dispositif réactive un fonds de solidarité initialement créé en 2023 et sera déployé dans les six départements de la région, en partenariat avec les collectivités et les réseaux consulaires.
« Notre priorité est de leur permettre de repartir au plus vite », a souligné François de Canson, président de la Région, dans des propos rapportés par le communiqué. Il a ajouté : « Derrière chaque commerce pillé, il y a des femmes et des hommes qui ont parfois vu le travail de toute une vie détruit en quelques heures. »
Le retour à l'ordre comme condition
François de Canson a toutefois rappelé que « rien ne sera durable sans le retour à l'ordre et la garantie que de telles violences ne se reproduiront pas ». Les commerçants de Nice se sont d'ailleurs réunis ce lundi 19 octobre sur l'avenue Jean-Médecin pour réclamer des moyens, comme le montre une photographie de Cyril Dodergny publiée par Nice Matin.
En parallèle, l'assemblée régionale votera le 23 octobre une délibération dans le cadre du plan « Région Sud, la Région Sûre » pour aider financièrement les communes à remplacer leurs équipements de sécurité endommagés, notamment le réseau de vidéoprotection.
Soutenir la consommation locale avant les fêtes
À l'approche des fêtes de fin d'année, la Région et les acteurs économiques locaux visent également à mettre en place des actions de soutien pour faire revenir la clientèle dans les centres-villes touchés et inciter à la consommation locale. Cette mesure s'ajoute aux témoignages de commerçants et d'habitants sous le choc après les violences, comme celui d'un patron de magasin de motos niçois qui a rendu hommage à la bravoure de ses salariés : « Mes employés se sont interposés face aux casseurs, ils ont été très courageux, trop, ils ont pris des risques… »
Le fonds de solidarité régional, doté de 5 millions d'euros, sera donc mobilisé pour verser l'aide forfaitaire aux établissements touchés, tandis que les communes pourront bénéficier d'un soutien financier pour la sécurisation de leurs équipements. Les modalités pratiques de dépôt des demandes seront précisées dans les prochains jours par les services de la Région.