Un commerçant montpelliérain a été blessé samedi 17 octobre en début de soirée alors qu'il tentait de défendre sa boutique familiale lors d'un pillage. Wim Dewachter, âgé d'une trentaine d'années, a reçu plusieurs points de suture après avoir été conduit aux urgences. Selon la CCI, une cinquantaine de commerces ont été pris pour cible et 14 ont été totalement pillés.
Une scène de pillage vécue comme un viol
Wim Dewachter, encore sous le choc, se tenait ce dimanche matin devant la vitrine dévastée de sa boutique, située Grand-rue Jean Moulin, à proximité de la place de la Comédie. Il raconte, tremblant, la scène qu'il a vécue la veille en fin d'après-midi. Après avoir cassé la vitrine et soulevé la grille de protection, une centaine de casseurs se sont servis à volonté dans ce magasin de vêtements pour hommes. La police, débordée, n'a pas pu intervenir.
« C'est comme un viol ! On est une boutique familiale, ce n'est pas une grosse franchise. Ça fait cinq générations qu'on est là. On passe des heures ici. Certains m'ont dit tu te bats pour un smic mais c'est ma vie », confie le jeune homme. Présent dans la boutique au moment des faits avec son père, son frère et un vendeur, il a essayé de défendre ce qui pouvait l'être. « On se sent impuissant. Mais je ne voulais pas me laisser faire », ajoute-t-il. Dans la confusion, il a été blessé à la tête et au genou, puis conduit aux urgences où il a reçu plusieurs points de suture.
Le soutien des voisins et des autorités
Wim Dewachter a tenu à remercier ceux qui l'ont aidé : « Des manifestants, des clients et des voisins ont été extraordinaires. Ils m'ont pris en charge pour m'escorter jusqu'au Samu. C'est vraiment touchant. Je les remercie. » Ce dimanche matin, des passants sont venus lui apporter leur soutien. Boris Bellanger, adjoint au commerce, et André Deljarry, président de la CCI, ont également témoigné leur solidarité.
La CCI a déployé depuis samedi soir des agents de sécurité devant les magasins pillés. Une dizaine d'agents étaient présents dans la soirée, et d'autres seront réquisitionnés dans la journée pour protéger les commerces. André Deljarry s'est rendu à une réunion en préfecture ce dimanche matin.
Un bilan lourd pour le centre-ville
Au lendemain de la soirée d'émeutes dans le centre de Montpellier, la sidération se lit sur les visages des commerçants et des passants. Une cinquantaine de commerces ont été pris pour cible et 14 ont été pillés, selon le décompte de la CCI. « Personne n'a vu arriver ce cataclysme », témoigne le président de la CCI. Les mesures de sécurité renforcées devraient permettre de protéger les commerces dans les prochains jours.