Entre 1 200 et 1 500 personnes ont manifesté à Béziers ce samedi 17 octobre, à l’appel de la CGT, de la FSU et de Solidaires. Dès 10 h 30, le cortège s’est élancé de la Bourse du Travail, porté par une convergence de revendications : hausse des prix, salaires, conditions d’études et moyens de l’Éducation nationale. L’après-midi, un second rassemblement, plus restreint, a rassemblé une petite centaine de personnes dans une ambiance plus tendue, avec l’intervention des forces de l’ordre et l’usage de gaz lacrymogènes.
Une convergence des luttes dès le matin
Derrière le pick-up blanc et usé aux couleurs de la CGT qui ouvre la marche, Caroline, mère de trois enfants, explique la mobilisation : « Si on est là, c’est parce que les lycéens ont ouvert une brèche à la révolte. » Les drapeaux syndicaux ont côtoyé ceux de La France insoumise et du Parti communiste français, ainsi que de nombreuses pancartes taguées de slogans. Seule une trentaine de Gilets jaunes ont revêtu leur gilet de haute visibilité dans cette foule bigarrée.
« Aujourd’hui, on prône la convergence des luttes », lance Bernard, 69 ans, l’un des meneurs du mouvement dans le Biterrois. Hausse des prix, pouvoir d’achat, conditions d’études, moyens de l’Éducation nationale et répression policière aux mobilisations : les motifs de colère se sont entremêlés. Chaque discours se terminait par la même phrase : « Tout le monde souffre. »
Les lycéens au cœur du cortège
La colère des lycéens occupait une place centrale. Les élèves ont dénoncé des « établissements qui se dégradent, un manque de personnel et des classes trop petites pour accueillir tous les élèves dans de bonnes conditions ». Lola, élève de Terminale à Henri-IV, s’époumone : « Aujourd’hui, on est avec les syndicats. Ça fait du bien de se sentir épaulée et soutenue. » Le cortège s’étendait sur plus de 500 mètres.
Virgile, élève au lycée Charles-Alliès de Pézenas, en première ligne, replace la mobilisation dans un contexte plus large : « Venir manifester aujourd’hui, c’est aussi montrer que l’on s’inquiète pour notre avenir. On a nos problèmes, mais c’est toute la société qui peine. »
Des revendications sociales multiples
Au-delà du soutien aux lycéens, plusieurs manifestants portaient leurs propres revendications. Sandrine, 48 ans, infirmière en hôpital, prônait « une augmentation des salaires et des retraites. Et plus que jamais, on veut l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ». Hervé, plombier habitant à Cers, plaidait pour un « blocage des prix des carburants. Autrement, je devrais plier boutique à la fin de l’année ».
Le cortège est passé par l’avenue Clemenceau, les allées Paul-Riquet et le Polygone avant de retrouver la Bourse du Travail.
Un après-midi plus tendu
Dans l’après-midi, la mobilisation s’est poursuivie, mais l’ambiance a changé. Au théâtre municipal, lycéens et étudiants ont répondu à l’appel d’une poignée de Gilets jaunes. Ils étaient finalement une petite centaine à se retrouver. La manifestation n’ayant pas été déclarée, les forces de l’ordre ont encerclé les jeunes et lancé quelques grenades lacrymogènes. « On a voulu aller manifester de manière pacifique devant la mairie, et on a été gazés et bloqués », se désole Lucie, 19 ans. Munis de quelques pancartes, les manifestants ont ensuite tenté de déambuler « là où la police nous laisse un peu marcher ».
Arrivé devant le Polygone, Diego regarde ses camarades qui stagnent sans véritable destination. Le jeune homme ne cache pas sa déception : « On erre sans but, j’espère qu’il y aura d’autres journées, car celle-ci est finie. » Les syndicats donnent rendez-vous le 5 novembre pour une nouvelle journée de grève et de manifestation. Dans les rangs, l’espoir est de transformer cette convergence en mouvement durable. Finalement, un militant le martèle, soutenu par quelques applaudissements : « Ce n’est que le début. »