Le 29 juillet dernier, Yves Casas, 75 ans, est décédé au centre hospitalier de La Tour-du-Pin (Isère) sous les yeux de sa femme et de sa fille. Ces dernières affirment avoir appelé à l'aide pendant de longues minutes sans obtenir de réponse. La famille a déposé une plainte, dénonçant un abandon du patient.
Un décès survenu dans des circonstances troublantes
Ce jour-là, en pleine canicule, Nicole Casas rend visite à son mari, hospitalisé dans l'unité de soins de longue durée depuis le 17 juin. Atteint de sclérose en plaques depuis vingt-cinq ans, Yves Casas se trouve dans un état critique lorsque sa femme et sa fille, Séverine, entrent dans sa chambre en fin d'après-midi.
« Mon père avait un regard de détresse. Ses mains étaient recroquevillées. On lui avait mis un masque à oxygène. Il ne pouvait plus parler et crachait des glaires sans interruption », témoigne Séverine. Inquiète, elle demande si une radio des poumons va être réalisée. Les infirmières lui répondent qu'Yves allait encore très bien le matin même et qu'un médecin décidera des examens et des soins à engager.
Un personnel absent malgré les appels à l'aide
Une infirmière administre alors deux médicaments à Yves avant de quitter son service à 19 h 35. Nicole et Séverine s'inquiètent : l'homme peine à respirer et personne ne semble prendre le relais. « L'infirmière nous a assuré que la relève arrivait. Mais personne n'est venu », raconte Séverine. Yves est mort quelques minutes plus tard, avant l'arrivée d'une infirmière peu avant 20 heures.
« J'ai vécu l'horreur. Mon père ne méritait pas de mourir dans de telles souffrances », témoigne sa fille, qui dit avoir appelé à l'aide et tapé à toutes les portes du bâtiment, en vain. « C'était devenu un hôpital fantôme, vidé de son personnel ». Un médecin finit par se présenter à elles et reconnaît alors « un dysfonctionnement dans le service ce soir-là ».
Une plainte déposée pour non-assistance à personne en danger
La famille d'Yves Casas a déposé plainte. « Vingt minutes d'abandon, c'est de la non-assistance à personne en danger ! », considère Nicole Casas. Contacté, le Groupement hospitalier Nord-Dauphiné, dont dépend l'hôpital de La Tour-du-Pin, n'a pas souhaité communiquer sur l'affaire, expliquant que « la direction générale du groupement hospitalier s'est engagée auprès de la famille » du défunt « à faire tout son possible pour apporter la plus grande transparence concernant le contexte de son décès ».



