Marco, 24 ans, plonge chaque été dans les rivières d’Ardèche et d’Occitanie pour en retirer tout ce qui ne devrait pas s’y trouver. Sa passion lui rapporte entre 5 000 et 5 500 euros sur YouTube depuis juin, mais ses dépenses en matériel atteignent environ 7 000 euros, le laissant parfois travailler à perte.
Un été sous l’eau, un hiver à la montagne
L’hiver, Marco travaille à Courchevel. L’été, il échange ses skis contre des palmes et plonge dans les rivières pour récupérer les objets laissés par les baigneurs. Originaire d’Ardèche, il a grandi avec un cours d’eau dans son jardin et une caméra pour filmer ses aventures, qu’il partage sur YouTube, Instagram et TikTok.
En juin 2025, deux ans après avoir commencé à partager ses trouvailles, il touchait 1 500 euros sur TikTok. Cette saison-là s’est conclue avec 4 000 euros de revenus au total. Mais la politique de monétisation de TikTok a changé. « TikTok, maintenant, ne me paie presque plus du tout. L’année dernière, c’était ma principale rentrée d’argent. Cet été, j’ai touché 110 euros », explique-t-il, malgré plus de 180 000 abonnés tous réseaux confondus.
La bascule vers YouTube et les vidéos longues
Face à cette baisse, Marco a adapté sa stratégie. Il privilégie désormais les vidéos longues sur YouTube. « Je me suis dit qu’il fallait que je fasse ma transition vers YouTube, parce que c’est quand même beaucoup plus stable et beaucoup plus établi. Ils font moins n’importe quoi, il y a beaucoup plus de créateurs. C’est une plateforme où on se sent un peu plus en sécurité », confie-t-il. Sur YouTube, les vidéos de plus de 8 minutes lui permettent d’insérer des publicités, sa principale source de rémunération.
Pour accumuler les vues, Marco s’aventure avec son cousin Léon dans les rivières d’Ardèche et d’Occitanie. Il a déjà dépollué la cascade du Sautadet, le sous-pont de Saint-Étienne-d’Issensac, les eaux du pont du Gard et celles du pont du Diable. Là, il a trouvé une montre Apple Watch. Il a aussi déniché un iPhone 17 Pro Max, d’une valeur d’environ 700 euros, ainsi que des cartes Pokémon et une tête de fusée au sommet d’un obus de l’une des deux Guerres mondiales.
Un service gratuit, des coûts élevés
Marco rend aussi service aux personnes qui perdent un objet lors d’une baignade. « Quand les gens viennent me voir et me demandent, je leur dis que c’est gratuit. Après, s’ils souhaitent donner quelque chose, ils peuvent, pour soutenir le projet », précise-t-il. Malgré ses revenus, ses investissements restent lourds. « Le matériel, c’est l’enfer. En début de saison, en comptant vraiment tout, j’en ai eu pour à peu près 7 000 euros », lâche-t-il.
L’été n’est pas terminé. Marco se rendra prochainement à La Réunion pour plonger dans de nouveaux sites. Sa récompense reste la même : « Je finance mon kiff. »



