Le conseil municipal de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var) a voté à l'unanimité, jeudi 10 septembre 2026, une délibération autorisant la maire, Vesselina Garello, à engager toutes démarches utiles pour obtenir le remboursement de frais de représentation irréguliers et, le cas échéant, de dépenses de nature personnelle indûment imputées au budget communal par son prédécesseur, Alain Decanis. Cette décision, prise lors de l'examen de la délibération numéro 83, vise également les adjoints de l'ancien maire.
Des dépenses sans cadre légal
Vesselina Garello a expliqué en préambule que, pour les dépenses de représentation dans le cadre du mandat, il est nécessaire de voter une enveloppe budgétaire, et que pour les missions sortant du cadre ordinaire, comme les voyages hors de la commune, un mandat spécial doit être voté par le conseil. « En l'absence de ce cadre légal, tout remboursement de frais devient hors-la-loi et susceptible d'être porté à la connaissance d'un juge et surtout être titré pour obtenir le remboursement », a-t-elle déclaré.
La maire a précisé que l'autorisation votée ne fixe pas de montant exact car les dépenses sont encore en cours d'évaluation. « Quand nous aurons établi des montants précis, nous établirons des titres à l'encontre de l'ancien maire et d'autres élus, s'il y en a, pour récupérer ces frais qui n'auraient jamais dû quitter le budget communal », a-t-elle ajouté. Selon elle, plusieurs milliers d'euros sont en jeu.
Des voyages à Rome, Ajaccio, sans motif connu
Christophe Tardieu, élu d'opposition, a demandé le montant exact des sommes concernées. La maire a répondu qu'il est impossible de le savoir, car aucune délibération n'a été votée pour ces déplacements. « Il y a eu des voyages à Rome, à Ajaccio sans qu'on puisse connaître le motif ni l'objectif », a-t-elle indiqué. Elle a ajouté que sans autorisation du conseil, ces remboursements sont illégaux, et que le montant est suffisamment significatif pour justifier cette délibération.
La maire a également évoqué les déclarations publiques de son prédécesseur : « Cela nous a un peu étonnés, car lors du vote du mandat spécial au mois de juillet [concernant le voyage de la maire et son adjointe à Avignon], l'ancien maire s'est épanché sur les réseaux sociaux pour dire qu'il ne s'était jamais fait rembourser le moindre frais pendant son mandat. Cela a attiré notre curiosité. Nous avons regardé dans les comptes et nous avons trouvé plein de frais durant le mandat sans aucun cadre légal et juridique. »
La majorité fixe de nouvelles règles
Lors de la même séance, la majorité municipale a adopté plusieurs délibérations visant à encadrer les dépenses des élus. La délibération 84 fixe les modalités de prise en charge des frais de transport, d'hébergement et de repas. Les délibérations 85 et 86 concernent deux mandats spéciaux demandés par la maire : l'un pour le Congrès des maires 2026 à Paris, l'autre pour un déplacement au ministère de la Culture dans le cadre du projet d'inscription au Patrimoine mondial de l'Unesco de la Basilique, du Couvent royal et du jardin de l'Enclos.
Interrogé vendredi 11 septembre, Alain Decanis a exprimé son étonnement : « Je n'ai pas déclaré un seul litre d'essence en frais de représentation et je n'avais pas de voiture de fonction. » Il a précisé que ses seuls déplacements étaient le Congrès des maires à Paris, un voyage à Rome avec une délégation pour rencontrer le pape sur invitation du cardinal, et un déplacement à Rouen dans le cadre de l'obtention d'un trophée attribué à la Ville. Concernant Ajaccio, il a affirmé : « Je n'y ai jamais mis les pieds. » Il a justifié ces dépenses par leur inscription sur une ligne budgétaire du cabinet du maire, et a conclu : « Faut bien qu'elle [Vesselina Garello] s'occupe. Je crois que je dois hanter ses nuits. »



