Nantes : un adolescent de 15 ans tué dans une fusillade liée au narcotrafic
Nantes : ado de 15 ans tué dans une fusillade

Une fusillade sur fond de narcotrafic a coûté la vie à un adolescent de 15 ans jeudi soir dans un quartier populaire de Nantes, laissant deux autres mineurs blessés. Un adolescent de 15 ans a été tué jeudi soir à Nantes dans une fusillade sur fond de narcotrafic qui a fait deux autres blessés mineurs, dont un garçon de 13 ans entre la vie et la mort. Voici les éléments dont on dispose ce vendredi matin.

Quels sont les faits ?

Les tirs ont eu lieu vers 19 h 30 dans un immeuble d’un quartier populaire du nord de la ville. Les auteurs présumés des coups de feu, venus sur un deux-roues, ont pris la fuite, selon des sources concordantes proches de l’enquête. L’adolescent décédé a été abattu dans le hall de l’immeuble et les tireurs ont poursuivi l’un des deux autres garçons jusqu’au 13e étage où il s’était réfugié dans un appartement, a fait savoir une source policière sur place.

« Des coups de feu ont été tirés sur les trois jeunes hommes », a précisé le procureur de Nantes, Antoine Leroy, évoquant « un règlement de compte en lien avec des infractions à la législation sur les stupéfiants ». Le site était quadrillé jeudi soir par les forces de police et de nombreux habitants étaient rassemblés dehors, sous le choc.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le procureur de Nantes, Antoine Leroy, a confirmé le décès du jeune de 15 ans. Les deux blessés ont été hospitalisés. Celui âgé de 13 ans a son « pronostic vital très engagé », a-t-il précisé. Le deuxième, âgé de 14 ans, est moins gravement touché et son pronostic vital n’est pas engagé.

Quel contexte ?

Le quartier populaire de Port-Boyer, hérissé de barres d’immeubles, est établi au bord de l’Erdre. « Depuis 15 ans ça n’a cessé de se dégrader ici, rapporte Angeline, une prothésiste ongulaire de 18 ans. Les gens ont peur, les fusillades sont fréquentes. La dernière fois c’était dimanche dernier à 16 heures. L’après-midi, les parcs pour enfants sont déserts car les parents ont trop peur. »

Fin avril, un jeune homme avait été tué et un autre gravement blessé par balle dans le même quartier, des violences potentiellement liées au narcotrafic, avait alors indiqué le procureur de Nantes. Les deux victimes, connues de la justice, avaient été prises pour cibles par un tireur muni d’un pistolet, qui s’était enfui.

Quelles réactions ?

« C’est choquant, je n’ai même pas les mots. C’est un ras-le-bol total », a déclaré Paola, une tante de l’adolescent décédé. « Il faut faire davantage » pour la sécurité « parce que ce n’est pas normal que des jeunes puissent perdre la vie dans de telles conditions. C’est inadmissible, tout simplement inadmissible. Ce sont des enfants », a-t-elle confié, très émue.

« Nantes est endeuillée par l’insupportable mort d’un adolescent », a réagi la maire, Johanna Rolland, qui s’est rapidement rendue sur place. Dénonçant le « narcotrafic qui gangrène le pays », elle a souligné la « détresse » et « l’émotion immense » des habitants de ce quartier déjà touché fin avril par une fusillade mortelle. « Tous les moyens de police et de justice doivent être mis en œuvre pour interpeller et condamner les auteurs de ce meurtre », a-t-elle ajouté. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez est attendu sur place vendredi matin.

Stella, 35 ans, une accompagnante d’élèves en situation de handicap en recherche d’emploi, a vu son fils de trois ans échapper de peu à la fusillade et son neveu de 14 ans a été hospitalisé après avoir été touché à la cuisse. « Ils étaient ensemble pour aller chez leur grand-mère. J’étais à la maison quand c’est arrivé, c’est un policier qui m’a appelé pour me ramener mon fils et m’annoncer que mon neveu était blessé », a-t-elle témoigné. « Je suis comme dans un cauchemar et en colère car j’ai failli perdre mon fils », a-t-elle ajouté. « On sortait des courses avec ma mère et mon chien. On a entendu des tirs - une dizaine, à deux reprises - et j’ai tiré ma mère par le col pour rentrer dans notre tour. J’ai juste vu beaucoup de monde, des gens cagoulés et habillés tout en noir, qui couraient dans l’herbe », reprend Angeline.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale