Bolivie : mandat d'arrêt contre Evo Morales pour son rôle dans les manifestations
Bolivie : mandat d'arrêt contre Evo Morales

La justice bolivienne a lancé un mandat d'arrêt à l'encontre de l'ancien président Evo Morales, l'accusant d'avoir orchestré les manifestations violentes qui ont secoué le pays en 2025. Le parquet de La Paz a annoncé cette décision ce jeudi 30 juillet 2026, après des mois d'enquête.

Des accusations de sédition et de terrorisme

Selon le procureur général, Juan Lanchipa, Evo Morales est soupçonné de « sédition, terrorisme et financement illégal » pour avoir fomenté des troubles visant à renverser le gouvernement actuel de Luis Arce. Les manifestations, qui ont débuté en novembre 2025, ont fait au moins 36 morts et des centaines de blessés, selon des sources officielles.

« Les preuves recueillies montrent que l'ancien président a utilisé ses réseaux politiques et syndicaux pour organiser des blocages et des affrontements avec les forces de l'ordre », a déclaré M. Lanchipa lors d'une conférence de presse. « Il a appelé à la désobéissance civile et a incité à la violence. »

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La réaction d'Evo Morales

Depuis son exil en Argentine, Evo Morales a rejeté ces accusations, les qualifiant de « persécution politique ». Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), il a écrit : « Je suis victime d'un complot du gouvernement de Luis Arce, qui veut m'éliminer de la scène politique. Je continuerai à lutter pour la démocratie et les droits du peuple bolivien. »

Son avocat, Carlos Romero, a annoncé qu'il allait contester le mandat d'arrêt devant la Cour suprême de justice, arguant que Morales bénéficie d'une immunité en tant qu'ancien président.

Un contexte politique tendu

La Bolivie connaît une crise politique depuis la réélection controversée de Luis Arce en 2025, que l'opposition a qualifiée de frauduleuse. Evo Morales, qui a été président de 2006 à 2019, est un allié de longue date d'Arce avant que leur relation ne se détériore. En 2024, Morales avait annoncé son intention de se présenter à nouveau, ce qui a exacerbé les tensions au sein du parti au pouvoir, le Mouvement vers le socialisme (MAS).

Les manifestations de 2025 ont été soutenues par les principaux syndicats de mineurs et de paysans, fidèles à Morales. Le gouvernement a alors imposé l'état d'urgence pendant trois mois, déployant l'armée pour rétablir l'ordre.

Réactions internationales

L'Organisation des États américains (OEA) a exprimé sa préoccupation, appelant au respect des droits de la défense et à un procès équitable. De son côté, le gouvernement argentin, où réside Morales, n'a pas encore commenté l'émission du mandat d'arrêt. Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont exhorté la justice bolivienne à ne pas instrumentaliser les poursuites à des fins politiques.

Quelles conséquences pour Evo Morales ?

Si le mandat d'arrêt est exécuté, Evo Morales pourrait être extradé vers la Bolivie. Toutefois, les experts juridiques estiment que la procédure pourrait prendre des mois, voire des années, en raison des recours possibles. En attendant, l'ancien président reste libre en Argentine, mais sous la menace d'une arrestation internationale.

Cette affaire marque un tournant dans l'histoire politique bolivienne, où deux anciens alliés s'affrontent désormais devant les tribunaux. Elle divise également la population : les partisans de Morales y voient un règlement de comptes, tandis que ses détracteurs saluent une avancée de la justice.

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