Bab el-Mandeb : les Houthis menacent le commerce mondial
Bab el-Mandeb : les Houthis menacent le commerce mondial

Les Houthis se sont emparés de l'ensemble de la côte yéménite bordant la mer Rouge, leur donnant accès au détroit de Bab el-Mandeb, l'un des axes maritimes les plus stratégiques au monde. Cette avancée fait planer une nouvelle menace sur le commerce mondial, alors que le détroit d'Ormuz reste bloqué par Téhéran.

Un verrou stratégique pour le pétrole et les marchandises

Le détroit de Bab el-Mandeb, dont le nom signifie « la porte des larmes », relie l'Europe à l'Asie. C'est un carrefour essentiel pour le transport de pétrole depuis le Golfe vers la mer Méditerranée, via le canal de Suez ou l'oléoduc Suez-Méditerranée situé sur la côte égyptienne de la mer Rouge. Il est également crucial pour les matières premières destinées à l'Asie, notamment le pétrole russe.

Si les Houthis parviennent à prendre durablement le contrôle total de ce verrou de la mer Rouge, ils pourraient empêcher le transit des pétroliers et porte-conteneurs. L'Iran pourrait alors bénéficier d'un avantage décisif dans la guerre qui l'oppose depuis plus de six mois aux États-Unis, en réduisant les approvisionnements énergétiques mondiaux via ce deuxième corridor.

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L'Arabie saoudite en première ligne

L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, dépend désormais de cette route de la mer Rouge pour acheminer son pétrole, depuis que le conflit avec l'Iran a entraîné la fermeture de fait du détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième du pétrole mondial. En cas de blocage de ce deuxième détroit, la seule alternative serait de contourner l'Afrique par le cap de Bonne-Espérance, un trajet bien plus long et coûteux, avec le risque de faire flamber encore le prix du pétrole.

Les Houthis affirment, pour leur part, que le trafic maritime restera sans danger pour toutes les compagnies, à l'exception des navires saoudiens. L'Iran aurait demandé la semaine dernière aux Houthis d'intensifier leurs attaques contre l'Arabie saoudite, proche alliée des États-Unis, et leur aurait promis davantage de fonds, d'armes et d'officiers supérieurs pour les aider à y parvenir.

Les cours du pétrole flambent

Les Houthis, qui contrôlent les zones les plus peuplées du Yémen et une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa, ont lancé plusieurs attaques contre l'Arabie saoudite et en mer Rouge depuis leur annonce en juillet dernier d'un blocus maritime des ports saoudiens. Inquiet, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a appelé à deux reprises, jeudi, le président américain Donald Trump et l'a exhorté à lancer des frappes contre les Houthis.

L'avancée des Houthis vers ce détroit, ainsi que les frappes américaines et iraniennes dans les eaux du Golfe, ont fait flamber les cours du pétrole ces derniers jours. Le baril de Brent, référence internationale, a franchi le seuil symbolique des 100 dollars, une première depuis la mi-mai. Ils ont toutefois reflué de 3,5 %, après que l'Iran a annoncé la tenue, lundi, à Oman, d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Irak et d'autres États arabes riverains du Golfe afin de discuter de la sécurité des voies de navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz.

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