L'éruption du volcan Anak Krakatoa, en Indonésie, a provoqué la fermeture de huit aéroports, dont ceux de Jakarta, Bandung et Bandar Lampung, clouant au sol plus de 150 000 passagers et entraînant l'annulation de 467 vols, selon le ministère des Transports. Alors que les cendres volcaniques se dispersent, les autorités géologiques indiquent qu'aucun risque de tsunami n'est à craindre pour le moment, malgré une possible intensification de l'activité volcanique.
Huit aéroports fermés et des milliers de passagers bloqués
Le volcan Anak Krakatoa, situé dans le détroit séparant les îles de Java et de Sumatra, est entré en éruption samedi 5 septembre. Dimanche 6 septembre, les autorités indonésiennes ont fermé huit aéroports, dont le plus fréquenté du pays, l'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta, ainsi que l'aéroport Halim, également dans la capitale. Les aéroports internationaux de Bandung et de Radin, près de Bandar Lampung à Sumatra, ont aussi été fermés, tout comme quatre autres aéroports de moindre taille, a indiqué le ministère des Transports dans un communiqué.
« Ces fermetures ont laissé 150 000 passagers bloqués et affecté 467 vols, dont 58 vols internationaux et 409 vols intérieurs », a précisé le ministère. La suspension des vols à l'aéroport de Jakarta a débuté dès 1 h 30 dimanche matin et a été prolongée à plusieurs reprises. Dimanche soir, elle a été de nouveau étendue jusqu'à 23 h 59 locales (16 h 59 GMT). Des tests ont indiqué « la dispersion de cendres volcaniques dans la zone de l'aéroport international Soekarno-Hatta », conduisant à « la fermeture de l'aéroport », a déclaré le ministère.
Des perturbations jusqu'à Bali et Lombok
Les perturbations ne se limitent pas à Java. L'aéroport de Lombok et celui de Bali sont également touchés, avec seize vols intérieurs à destination et en provenance de « l'île des Dieux » annulés. Samuel Guiberteau, un Français de 47 ans résidant à Jakarta, en déplacement professionnel à Lombok, devait rentrer dimanche sur un vol de la compagnie Pelita programmé à 17 h 10, qui a été annulé. « J'avais trouvé un autre vol sur Citilink mais il a aussi été annulé », a-t-il dit à l'AFP par téléphone, précisant qu'il allait passer la nuit à Lombok.
Henny Yensan, 44 ans, qui espérait retourner dans sa ville natale de Bengkulu (Sumatra) mais se retrouvait bloquée à Jakarta, a souligné que « tout le monde était déçu ». « Personne ne s'est mis en colère car, après tout, c'est dû à une catastrophe naturelle », a déclaré à l'AFP cette femme d'affaires, qui a dû reporter son vol à mardi.
Des cendres dangereuses pour la santé et l'aviation
Les cendres volcaniques, dangereuses pour les moteurs des avions, se sont propagées dans l'espace aérien de plusieurs aéroports. Elles ont également atteint la ville de Bandar Lampung, à la pointe sud de Sumatra, recouvrant les voitures en stationnement et les bords de route. « Je crains que cela n'affecte gravement les poumons et ne provoque une infection pulmonaire », a déclaré à l'AFP Andre Bayu Saputra, 25 ans.
Face à ces risques pour la santé, les écoles de Jakarta seront fermées lundi et les cours passeront en distanciel, a annoncé la ville dans un communiqué, sans préciser la durée de cette mesure. L'agence de volcanologie a indiqué que le volcan, dont le nom signifie « enfant du Krakatoa », est entré en éruption samedi avec une coulée de lave et des détonations audibles jusqu'à 700 kilomètres, et que deux nouvelles éruptions ont été enregistrées dimanche.
Une activité qui pourrait s'intensifier, mais pas de tsunami
L'activité du volcan pourrait s'intensifier, car les instruments de surveillance continuent d'enregistrer des secousses témoignant d'un déplacement de lave à l'intérieur de l'édifice volcanique, a indiqué Lana Saria, à la tête de l'agence de géologie. « L'activité sismique indique le mouvement ou la libération de fluides volcaniques au sein du système volcanique. Toutefois, le moment, l'ampleur et la nature de la prochaine éruption ne peuvent être prédits avec précision », a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse.
Elle a toutefois ajouté qu'il n'y a pour le moment pas de risque que les récentes éruptions puissent déclencher un tsunami. Un tsunami survenu en 2018, provoqué par l'effondrement de certaines parties de l'Anak Krakatoa, avait fait 429 morts et entraîné le déplacement de milliers d'habitants. Les navires traversant le détroit doivent « redoubler de vigilance » face aux perturbations potentielles de la navigation, a souligné l'autorité portuaire locale, et il est interdit aux bateaux de pénétrer dans une zone d'un rayon de 3 kilomètres autour du volcan.
Le volcan Anak Krakatoa connaît une activité sporadique depuis son émergence au début du siècle dernier, au sein de la caldeira formée après l'éruption du Krakatoa en 1883, l'une des plus meurtrières de l'histoire avec un bilan estimé à 35 000 morts. L'Indonésie, vaste archipel d'Asie du Sud-Est, est située sur la ceinture de feu du Pacifique, où la rencontre de plaques continentales engendre une intense activité volcanique et sismique.



