Au Niger, le putsch manqué du 30 août a accéléré le rapprochement entre la junte au pouvoir et la Russie. Selon les informations recueillies par Libération, Moscou a renforcé son emprise sur les autorités de transition, en élargissant sa coopération militaire et sécuritaire. Cette évolution confirme l'éloignement progressif du Niger de ses anciens partenaires occidentaux, notamment la France et les États-Unis.
Un putsch manqué qui change la donne
Le 30 août, une tentative de coup d'État a été déjouée par les forces loyalistes. Les auteurs, des militaires proches de l'ancien régime, ont été arrêtés. Cet événement a servi de prétexte à la junte pour justifier un durcissement de sa politique sécuritaire et un renforcement de la coopération avec la Russie, présentée comme un allié fiable contre les menaces intérieures et extérieures.
Selon des sources diplomatiques citées par Libération, la Russie a dépêché au Niger des instructeurs militaires supplémentaires et du matériel de renseignement. La présence de la société paramilitaire russe Wagner, désormais intégrée à l'armée russe, est également évoquée. Ces renforts visent à consolider le pouvoir de la junte et à sécuriser les zones minières, notamment l'uranium, un enjeu stratégique majeur.
Une coopération qui s'intensifie
La junte nigérienne, dirigée par le général Abdourahamane Tiani, a multiplié les gestes de bonne volonté envers Moscou. Des visites officielles de hauts responsables russes à Niamey ont eu lieu, et des accords de coopération dans les domaines de la défense, de l'énergie et de l'agriculture ont été signés. En échange, la Russie fournit des équipements militaires, de la formation et un soutien logistique.
Cette coopération s'inscrit dans un contexte de dégradation sécuritaire au Sahel. Le Niger est confronté à des attaques jihadistes récurrentes dans l'ouest et le sud-est du pays. La junte affirme que la Russie est plus efficace que les partenaires occidentaux pour lutter contre ces groupes armés. Cependant, des observateurs notent que l'arrivée de Wagner a parfois été associée à des exactions contre les civils, ce que Moscou dément.
Les conséquences pour la région
Le renforcement de la présence russe au Niger a des implications régionales. Il fragilise davantage les positions françaises et américaines dans la région, déjà affaiblies par les retraits du Mali et du Burkina Faso. La France a retiré ses troupes du Niger en 2023, et les États-Unis ont réduit leur présence militaire. La Russie, elle, étend son influence dans une zone stratégique riche en ressources naturelles.
Pour les populations locales, ce basculement ne change pas immédiatement leur quotidien. Mais les autorités nigériennes promettent une meilleure sécurité et un développement économique grâce à la coopération russe. Les prochains mois diront si cette alliance apportera des résultats concrets ou si elle exacerbera les tensions.
En attendant, la junte consolide son pouvoir, et la Russie s'impose comme un acteur incontournable du Sahel, au détriment des démocraties occidentales.



