Dans son nouvel essai « le Grand Traité des petits poils », paru aux éditions de L’Observatoire, le philosophe Eric Fiat interroge notre rapport à la pilosité et la tension entre liberté individuelle et normes collectives. Alors que l’épilation est souvent présentée comme un choix personnel, le spécialiste de philosophie morale et d’éthique médicale à l’université Gustave-Eiffel y voit un terrain de réflexion sur la maîtrise du corps. Il exprime notamment le souhait que « les jeunes redécouvrent le droit de jardiner leurs poils comme ils le veulent ».
Une révolte légitime contre une norme imposée
Interrogé par Cyriaque de Laage dans une interview publiée le 27 août 2026, Eric Fiat observe que « l’épilation a été davantage imposée aux filles ». Il ajoute que « leur révolte contre cette norme est légitime ». Cette remarque s’inscrit dans une réflexion plus large sur les injonctions sociales qui pèsent sur le corps, en particulier féminin, et sur la manière dont les individus peuvent s’en émanciper.
Le philosophe, qui a notamment publié « Petit Traité de dignité » et « la Pudeur » coécrit avec Adèle Van Reeth, s’appuie sur son expertise des questions de dignité, de fragilité humaine et de soin pour explorer ce sujet apparemment anodin mais profondément révélateur de nos rapports à nous-mêmes et aux autres.
Le corps, un terrain de liberté
Eric Fiat explique que les poils et les cheveux sont « les parties du corps que nous transformons le plus facilement ». Contrairement à d’autres attributs physiques comme la forme du nez ou la couleur des yeux, que nous devons accepter tels qu’ils sont, la pilosité offre un espace de choix et d’expression. Couper, teindre, raser, friser ou épiler sont autant de gestes qui relèvent de notre volonté et de notre autonomie.
Cette capacité à modifier une partie de notre corps interroge notre désir de maîtriser ce qui nous échappe en partie. Le philosophe voit dans cette tension une clé de lecture de notre époque, où les normes esthétiques évoluent et où les revendications individuelles se multiplient.
Un appel à la redécouverte du choix
L’ouvrage, qui vient de paraître, s’inscrit dans la continuité des travaux d’Eric Fiat sur la dignité et le soin. En donnant la parole aux poils, il invite à une réflexion sur les normes sociales et la liberté de chacun de disposer de son corps comme il l’entend. Le philosophe espère que les jeunes générations sauront s’approprier cette liberté, sans se laisser dicter leur conduite par des injonctions extérieures.
Cette parution, qui a nécessité une lecture de trois minutes pour l’article qui lui est consacré, s’adresse à un large public. Elle offre une perspective originale sur un sujet universel, et pourrait contribuer à faire évoluer les mentalités sur la pilosité et les normes de beauté.



