La rentrée littéraire 2026 s'annonce riche avec 461 nouveaux romans, dont 344 signés par des auteurs français ou francophones. Dans un contexte de crise pour le secteur du livre, marqué par la fermeture de onze magasins du Furet du Nord et Decitre dans les Hauts-de-France et en Île-de-France, ainsi que par le redressement judiciaire du groupe Gibert, les librairies de la région font face à des difficultés, comme en témoigne la liquidation judiciaire de la librairie montpelliéraine Sauramps et de son site d'Alès.
Les romans français les plus attendus
Parmi les 461 romans qui seront publiés, certains titres français font déjà l'unanimité des critiques littéraires. En tête, Le Je de Lila Hassaine (Gallimard), une relecture du Jane Eyre de Charlotte Brontë, bénéficie d'une presse dithyrambique. Suivent régulièrement cités les nouveautés très attendues d'auteurs régulièrement loués : L'inconnue du quai de Javel de Philippe Jaenada (Flammarion), La Hantise de Jean-Philippe Toussaint (éditions de Minuit), Nous aussi d'Anne Godard (Actes Sud), L'architecte de Notre-Dame d'Aurélien Bellanger (Actes Sud), ou encore La guerre éternelle d'Olivier Rolin (Gallimard).
Dans cette même catégorie, on retrouve Le pays des étés de Pierre Adrian (Gallimard), Vivre sans bonheur et n'en point dépérir de Véronique Ovaldé (Flammarion) et À voix haute de Polina Panassenko (L'Olivier). Sophie Divry, qui avait épaté avec son Fantastique Histoire d'amour, revient avec Rochebrune (Actes Sud). Une curiosité est également à noter : Un diamant dans les gravats de Luz (Stock), qui, pour la collection Ma nuit au musée, a choisi de passer sa nuit à Beaubourg, dans un Centre Pompidou en chantier.
Les auteurs phares du polar et du thriller
Les deux auteurs phares du polar et du thriller français seront également présents : Caryl Ferey avec Lakota (Série Noire, déjà paru) et Jean-Christophe Grangé avec Tokyorama (Albin-Michel). Les aficionados du Toulousain Jean-Paul Dubois devront attendre octobre pour lire Chacun (L'Olivier), mois où paraîtra aussi le dernier Patrick Modiano, Derrière les vitres.
Littérature étrangère : des traductions en baisse
Les ouvrages traduits d'auteurs étrangers sont de moins en moins nombreux à chaque rentrée littéraire. On en compte 117 cette année, contre 140 en 2025. Rebecca Raffaelli, libraire au rayon littérature chez Gibert Montpellier, recommande deux titres auprès de Midi Libre : le nouveau roman de l'Allemande Vera Buck, « un thriller formidable, Un sombre été, qui paraît chez Gallmeister », et « Les porteuses d'eau, de l'Américaine Sasha Bonét, publié chez Les Leonides ».
À ces recommandations s'ajoutent Baignade surveillée de Laura Kasischke (Gallimard), Ce qui nous frôle sous la surface de Colum McCann (Belfond), la fresque du Colombien Juan Gabriel Vasquez, Les noms de Feliza (Seuil), ou Eisen (Noir sur blanc) que la Russe Gouzel Iakhina consacre au cinéaste soviétique Sergueï Eisenstein. L'Espagnol Arturo Pérez-Reverte rappelle avec Ligne de feu (Gallimard) qu'il fut jadis reporter de guerre, narrant un douloureux épisode de la guerre civile autour de la bataille de l'Èbre.
Le plus attendu reste Mission de l'ombre (Bourgois) du rare et mystérieux Thomas Pynchon, 88 ans, dont c'est le premier roman depuis douze ans, annoncé comme un polar. Pour ceux qui brûlent d'impatience de lire Rendez-vous sur l'autre rive (L'Olivier), avec lequel Jay McInerney boucle une tétralogie new-yorkaise, il faudra patienter.
Bandes dessinées : les sorties à ne pas manquer
Enfin, quelques suggestions extraites de l'avalanche de sorties en bandes dessinées. Outre les séries de saison (Lucky Luke, une anthologie Blake et Mortimer, Lapinot, Nestor Burma), proposons En Liberté d'un Mathieu Sapin en immersion en prison (Charivari), L'enfance des ruines de Pascal Rabaté (Rue de Sèvres), La femme au portrait de Nicolas Tellop et Antonio Lapone (Dargaud), Nanbanjin de Cyril Pedrosa et Taiyo Matsumoto (Dupuis), Dissidents de l'Américain Derf Backderf (ça et là), Le clan de Walden de Catherine Meurisse (Dargaud), Face A face B de Blutch (éditions 2042), Invitations, inédit de Jiro Taniguchi (Casterman), ou Hysteria d'Elisabeth Holleville (Glénat). Et le Montefiore de Pierre-Henry Gomont (Dargaud) a vraiment l'air à tomber !



