Marine Le Pen a réaffirmé, jeudi 27 août, son attachement au retour de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, en rupture avec la position de Jordan Bardella, qui avait récemment évoqué un report à 64 ans. Cette prise de position intervient alors que le parti se prépare pour l'élection présidentielle de 2027.
Une divergence assumée sur l'âge légal
Interrogée lors d'un déplacement dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen a déclaré : « Je maintiens le retour à la retraite à 62 ans. C'est une promesse que j'ai faite aux Français, et je la tiendrai. » Elle a ajouté que cette mesure était « une question de justice sociale » et qu'elle permettrait de « redonner du pouvoir d'achat aux travailleurs ».
Cette position contraste avec celle de Jordan Bardella, qui, dans une interview accordée au Figaro le 20 août, avait suggéré de porter l'âge légal à 64 ans, arguant que cela serait « plus responsable » face aux défis financiers du système de retraite. Bardella avait également évoqué la nécessité de « préserver l'équilibre budgétaire ».
Les réactions au sein du parti
Cette divergence a suscité des réactions contrastées au sein du Rassemblement National. Certains cadres, comme le député Jean-Philippe Tanguy, ont soutenu la position de Marine Le Pen, y voyant « un marqueur fort de notre identité politique ». D'autres, proches de Jordan Bardella, estiment que la proposition de ce dernier est plus « pragmatique » et adaptée aux réalités économiques.
Interrogé sur cette opposition, le porte-parole du parti, Julien Odoul, a tenté de minimiser la portée du désaccord : « Il n'y a pas de crise, il y a un débat interne normal dans un grand parti. La décision finale appartiendra aux militants. »
Un enjeu électoral majeur
Cette question de la retraite à 62 ans est un enjeu électoral majeur pour le RN, qui cherche à séduire les électeurs de gauche et les classes populaires. Selon un sondage Ifop publié le 25 août, 68 % des Français se disent favorables au retour à 62 ans, mais 54 % des sympathisants RN préféreraient une solution plus modérée.
Marine Le Pen a également rappelé que son projet prévoyait un financement par une réforme de la fiscalité sur les hauts revenus, une mesure jugée « irréaliste » par certains économistes, mais qui reste populaire auprès de l'électorat.
La suite du calendrier politique
Le parti doit trancher cette question lors de son congrès prévu en novembre prochain. Marine Le Pen a indiqué qu'elle soumettrait sa proposition au vote des adhérents, tout en prévenant : « Je ne céderai pas sur ce point. » Jordan Bardella, de son côté, a assuré qu'il respecterait la décision du parti, mais a réaffirmé sa conviction que « la crédibilité passe par une approche réaliste ».
Cette passe d'armes intervient à un moment charnière pour le RN, qui tente de se présenter comme une force de gouvernement crédible. La position finale sur l'âge de départ à la retraite sera déterminante pour l'image du parti et pour sa capacité à élargir son électorat au-delà de son socle traditionnel.



