Les Cycles Lapierre, l'une des dernières marques françaises de vélos, ont été placés mardi en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois, à leur demande, a-t-on appris auprès du parquet. Le procureur de Dijon, Olivier Caracotch, a précisé qu'une « première période d'observation de six mois » avait été fixée. Ce dispositif permet notamment de geler les dettes et d'obtenir des délais de paiement.
Une demande déposée après la faillite d'Accell
Le fabricant, dont la déroute est emblématique de la crise de la filière, avait déposé le 5 août une demande de placement en redressement, afin de se donner le temps de trouver un repreneur après la faillite de sa maison mère, le néerlandais Accell, premier fabricant européen de vélos. Cette procédure a été ouverte par le tribunal de commerce de Dijon.
« Voilà une étape de passée et on espère capitaliser sur ça pour le futur des Cycles Lapierre », a déclaré William Perrier, directeur général de la marque qui emploie 106 salariés. « Ça va juste nous permettre de regarder devant et de construire sereinement le futur de l'entreprise », a-t-il ajouté au sortir de l'audience.
Des pistes d'investisseurs à explorer
« Il y a différents types d'investisseurs. Ces pistes-là seront intéressantes à ouvrir », a poursuivi William Perrier. Lors du dépôt de la demande de placement, il avait assuré vouloir trouver « un investisseur capable de soutenir durablement l'entreprise », fondée à Dijon en 1946, et vouloir « préserver le maximum des 106 emplois ».
Les Cycles Lapierre, qui ont réalisé près de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, ont notamment équipé plusieurs athlètes aux derniers Jeux olympiques. Mais ils ont subi de plein fouet le placement en cessation de paiement, début août, de leur maison mère Accell (marques Raleigh, Winora, Haibike…).
Un avenir incertain pour la filière vélo
Cette procédure de redressement judiciaire marque une étape cruciale pour l'entreprise dijonnaise, qui cherche à sécuriser son avenir. La période d'observation de six mois doit permettre à la direction d'ouvrir des discussions avec des investisseurs potentiels et de préparer un plan de continuation ou de cession.
La marque, qui a habillé des athlètes olympiques, devra convaincre un repreneur de la viabilité de son modèle économique dans un marché du vélo en pleine mutation. Les prochaines semaines seront décisives pour l'emploi des 106 salariés et pour la pérennité d'une enseigne historique du cycle français.



